STAGES DE RENTREE : RESAS LANCEES!

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Art : Soeren Kofoed

Stages de yoga septembre et octobre 2016

Je sais, je vous embête entre deux apéros ou deux baignades. Pardonnez-moi cet affront. Juste un petit mot pour vous dire que les réservations à mes stages de septembre et octobre sont lancées! Voici le planning des réjouissances :

  • Sam 24 sept 10h-13h / Paris 4e / La Structure & le Flow (bas du corps)
  • Sam 24 sept 14h30-16h30 / Paris 4e / Soma vinyasa (focus : élément de l’eau)
  • Dim 25 sept 14h-16h30 / Paris 2e / Series de yoga pour approfondir (focus : force du centre du corps + appui dans les mains + mobilité thorax et épaules + flexions arrière)
  • Sam 8 oct 10h-13h / Marseille 7e / La Structure & le Flow (bas du corps)
  • Sam 8 oct 14h-15h45 / Marseille 7e / Séries de yoga primordiales (focus : thorax et colonne vertébrale)
  • Sam 8 oct 16h-18h / Marseille 7e / Soma vinyasa

Pour les infos et liens de réservations en ligne, suivez le guide.

 

STAGES DE RENTREE : RESAS LANCEES!

LES DIAPOS DE LA RETRAITE DE YOGA

Le départ pour le séjour de yoga à Majorque

Dans l’avion pour Palma, le magazine de la compagnie aérienne consacrait un sujet à un illustrateur, et devinez sur quoi porte l’un de ses travaux. Sur le yoga. Jolis dessins de Sergio Mora.

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La salle de pratique de yoga

Voici le sanctuaire où nous nous sommes retrouvés matin et soir pendant une semaine.

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Le yoga entouré par la nature de l’île

Nous avons aussi trouvé le moyen de pratiquer dehors le matin deux fois, à l’ombre, sans trop de vent. Nous étions en bonne compagnie avec les citronniers et les figuiers de barbarie entre autre. Ci-dessous un photobomb local. Je voulais prendre le citronnier en photo, et paf, l’herbe sauvage a voulu faire son intéressante. En tout cas, tous les matins, jus de citron du jardin.

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Ci-après un figuier de barbarie parce que je considère que cette plante à l’allure extra-terrestre est fascinante. On peut être complétement désaligné et s’épanouir. C’est ce que le figuier semble nous dire en secret. L’important c’est de donner des fruits. La nature sait.

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Je vous rajoute un peu plus d’exotisme, ça ne peut pas faire de mal. Il y avait aussi eucalyptus, noyers, figuiers, caroubiers, mais j’avais peur que mon post vire catalogue Truffaut, alors, j’ai arrêté de prendre des photos d’arbre.

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Une partie des fruits et légumes que nous mangions était cultivée dans le potager de la demeure où nous résidions. Plus locavore, tu peux pas. Je n’ai pas résisté au charme des fleurs d’ail dont voici une jolie représentante. Cette jolie fleur, je vais l’appeler Marie. Vous comprendrez plus bas pourquoi.

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Les participants du séjour de yoga

Le temps est venu de vous présenter les participants. Mais je vais le faire de manière a respecter leur anonymat, alors, leurs visages seront masqués et leurs noms changés. Ah, et j’oubliais, Marie faisait aussi partie du groupe mais je n’ai pas eu le temps de la prendre en photo, alors je lui rends hommage avec l’image précédente. Avec Marie, on a pris un moment seules pour identifier une routine de yoga simple qu’elle puisse intégrer quotidiennement pour cultiver une plus grande souplesse dans son bassin et colonne vertébrale. Mais je ne me fais pas de souci pour elle, le potentiel de cette jeune diplômée est immense. Le monde attend juste qu’elle le réalise. Je commence donc maintenant avec des vrais photos de personnes. De gauche à droite : Ingrid qui nous vient d’ailleurs et qui aime l’infusion de fenouil, un jeune médecin enthousiaste qui a fait la découverte que son prakruti était pitta grâce au diagnostic éclairé de Maria (de son vrai nom), la propriétaire du lieu qui était aussi praticienne ayurvédique. Karine dont j’ai admiré le courage, la diligence et la sagesse. Cette femme dynamique a déclenché sans trop savoir comment un épanchement de synovie dans l’un de ses genoux avant de venir à la retraite. Elle a adapté sa pratique posturale tout le long de nos séances avec beaucoup d’intelligence et comme elle me l’a dit, elle a décidé de cultiver, pour changer, le non-faire pendant son séjour. Bénédicte (c’est son vrai nom) a son visage partiellement caché par Karine. C’est elle qui a organisé cette retraite, vous pouvez en savoir plus sur les prochains voyages qu’elle organise sur son site. Enfin, Sylvia, une femme pétillante très active qui dit regretter sa souplesse d’enfant. Marie a aussi soulevé la question de la souplesse en yoga tout en apportant une clé : c’est dans la tête que cela se joue.

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Une deuxième photo. Toujours en la regardant de gauche à droite : Laura, fournisseuse officielle du séjour en huiles essentielles pour repousser les moustiques, une femme d’action engagée pour le bien-etre collectif qui a aussi fait preuve d’une belle écoute pendant nos séances de yoga qui rompaient avec son ordinaire d’ashtangi. Pascaline, une musicienne curieuse de tout et surtout du vivre autrement. Une exploratrice d’harmonie qui s’est intéressée de près au ‘Om’ qu’on a chanté et qui compte bien briefer son compagnon à son retour pour se faire mijoter de bons repas plus souvent. Il faut dire qu’on a tous pris l’habitude de se faire chouchouter par Victoria (de son vrai nom, mais pas sur l’image), la cuisinière du lieu. Pour tout vous dire, Pascaline était sa chouchoute! Et enfin, Ludivine, une marcheuse, une femme endurante, spirituelle, et enjouée qui m’a semblé profiter pleinement de nos exercices de méditation.

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Un trio de choc dans les transports : Shakti, Shiva et Janis. Shakti et Shiva sont des compagnons de vie, de baroude et de yoga. Shakti est une sirène et Shiva un camomillomane. Le café n’étant pas disponible au buffet, il s’est rabattu sur la camomille pendant presque tout le séjour jusqu’à épuisement des stocks. Quant à Janis, en plus d’éventer avec dextérité, elle est une femme de lettres, pleine d’humour. Elle est du genre à sourire quand elle est en position de méditation. C’est sûr qu’elle aime fermer ses yeux pour écouter le silence parce qu’avec Shakti, elles ont profité du double service de méditation que j’ai servi chaque matin pour accommoder les lève-tôt et les autres. Des femmes d’esprit donc.

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Le duo girly du groupe. Anastasia et Cloé. Anastasia est une jeune femme talentueuse et pétillante qui a commencé la méditation avant de se tourner vers le yoga parce qu’elle a senti le besoin de se reconnecter également au corps. J’ai parlé avec elle de danse. Nous sommes tombées d’accord : c’est aussi nécessaire que de respirer. Et parce que j’ai senti que cela lui parlerait, je lui ai aussi livré cette citation que j’aime beaucoup : « Ce que l’esprit a oublié, le corps se le rappelle. » Cloé, elle, a un regard de biche et parle avec ses yeux. Elle a commencé le séjour en état de stress optimal. Son bagage a été perdu par la compagnie aérienne. Comme Karine, elle a pris le parti d’apprendre de cette situation désagréable et, dans son cas, d’accepter l’aide des autres membres du groupe qui lui ont fourni ce dont elle avait besoin en attendant ses affaires. Elle a traversé cette situation stressante avec délicatesse et succès. Tout comme elle a accueilli avec courage les émotions fortes qui ont émergé pendant le yoga nidra que l’on a fait en milieu de séjour. Je lui souhaite de laisser dorénavant sa voix parler aussi fort que ses yeux parce qu’elle a des choses passionnées et passionnantes à manifester.

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Voici Mélanie. Peut-être est-ce parce qu’elle aime les chats que Mélanie adore les étirements. Elle souhaite un jour s’engager sur la voie du yoga en mode pro. En attendant, faites attention si vous la rencontrez, elle a déjà le virus, elle vous fera faire des chaturanga dandasana sur la plage avant même que vous le réalisiez. Demandez donc à Karine!Laurence-gay-yoga-blog-retraite-stages-majorque-7.jpgEnfin, last but not least, Brenda. Une pro du hamac comme vous pouvez le voir, mais ne la pensez pas oisive pour autant. Elle faisait partie du groupe des pratiquants lève-tôt déjà, et elle a monté nombre de fois la côte pour aller au village voisin (boire de la sangria). En plus, elle, elle sourit dans les chiens la tête en bas. Enfin, quand je lui demande.

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Respirer

Dans mon vol de retour pour Marseille, je tombe sur un texte de Enki Bilal dans le magazine de l’avion. Je n’aurais pas trouver meilleure conclusion à cette retraite de yoga.

Merci(s)

A Bénédicte, facilitatrice de séjour de yoga (www.yogatravel-stages.com)

A Maria et Victoria, nos hôtes (www.mallorcaretreat.com)

Aux personnes anonymes à la tête en forme de fleurs d’ail (sur mon post, pas dans la vraie vie), personnes formidables qui ont pris le pari de passer 7 jours avec moi et du yoga. Ce fut un honneur pour moi.

Namasté

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LES DIAPOS DE LA RETRAITE DE YOGA

DANS ESPRIT YOGA, JE VOUS PARLE DE MULADHARA BANDHA ENSABLE

L’exotisme du yoga dehors, à la plage ou au bord de la piscine, je vous le laisse! Pour savoir pourquoi, je vous invite à me lire dans le numéro 32 d’Esprit Yoga. Vous pouvez y trouver mon billet d’humeur, comme d’habitude, à la fin du magazine. J’en profite pour vous souhaiter un bel été.

 

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DANS ESPRIT YOGA, JE VOUS PARLE DE MULADHARA BANDHA ENSABLE

CORPS DE YOGA

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Repérée par M., une élève de yoga qui se reconnaitra (coucou!), cette couverture du dernier OM Magazine, un magazine de yoga anglais. Ce qui a plu à M.? le choix du modèle en couverture : une pratiquante de yoga qui n’a ni un corps de gymnaste, ni un corps de danseuse.

Faire et défaire les clichés du yoga

C’est un paradoxe. On nous dit que le yoga est pour tout le monde, qu’on soit Indien ou pas, hommes ou femmes, quelque soit notre âge, et pourtant, on nous montre le plus souvent des images très stéréotypées des pratiquants de yoga. Au fil du temps, on est passé du cliché du baba cool réac, maigrichon et barbu en posture de méditant aux sportifs et sportives « healthy » imberbes contorsionnés en sueur.

Le poids des préjugés

Peut-on pratiquer le yoga et avoir un corps rond ou est-ce un paradoxe? Se poser la question témoigne d’un préjugé très prégnant socialement : une personne plus enrobée que la moyenne met sa santé à risque, fait certainement des excès alimentaires et n’est pas en forme physique non plus.

Yoga à la mode et mode du yoga

A croire que les codes visuels de la mode avec sa minceur contrôlée se sont immiscés dans l’univers du yoga. Ce que j’en pense : c’est de l’anti-yoga, c’est la culture de l’illusion et du mensonge sous couvert de bonnes intentions santé.

Le yoga : universel ou exclusif?

Comme M., j’aime cette couverture du Om Magazine parce que la jeune femme dessus ose nous rappeler que le yoga est effectivement exclusif, il ne s’adresse qu’aux gens comme elle, aux gens qui s’efforcent de contrôler les fluctuations du mental en incarnant le flux vital pour vivre pleinement. Je lui adresse un grand merci.

Laurence Gay

CORPS DE YOGA

YOGA, SANTE ET OBSESSIONS

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The Floating Dreamer – Komi Olaf

Je vais vous le dire franchement, j’en ai ma claque des étalages de vie saine en veux-tu en revoilà. Le « healthy lifestyle » (style de vie sain) est devenu une figure imposée sur les réseaux sociaux et fait partie de l’argumentaire marketing de plus en plus de marques. Par un phénomène de mutation génétique, on nous impose maintenant aussi un « style de vie yoga ». On ne pourrait pas laisser simplement les gens suivre leur chemin? Ce qui me gêne avec toutes ces règles du soi-disant savoir-vivre sainement, c’est qu’elles sont inflexibles (elles laissent peu de place à la nuance et à l’adaptation aux contextes uniques que sont l’individu et sa vie), moralisatrices (il y a les bons et les méchants), exclusives (il faut presque toujours avoir un pouvoir d’achat hors norme et du temps libre pour accommoder certaines alternatives dites ‘saines’),  et par dessus tout, elles trouvent leur terreau dans la culture de la peur.

J’ai réfléchi a tout cela, glané le web et les magazines, discuté avec des amis que la même interrogation taraude. C’est quoi la santé et quelle place y occupe le yoga? Ou bien la question est-elle de savoir quelle place occupe la santé dans le yoga?

Etre bien, über alles

Dans un article du Guardian de 2015 (How strong became the new skinny), Roisin Kiberd souligne que la santé est encensé sur les réseaux sociaux à coup de nourriture ‘saine’ et d’abdos sculptés. La nouvelle marque du fascisme corporel n’est plus ‘le gras’ ou ‘la minceur’ mais ‘la santé’. Susie Orbach explique que la nourriture est fétichisée et pour elle cela dénote une psychologie de la terreur. Déguisée en attitude ‘saine’ vis-à-vis de son alimentation se cache une tendance pas si healthy que ça : celle de l’orthorexie.

Susie Orbach souligne aussi la tyrannie de la santé qui, sous couvert de lifestyle (style de vie), est devenue est un travail à plein temps. Les jeunes gens sont amenés a se construire en tant que marque. Sur les réseaux sociaux notamment, leur apparence, ce qu’ils produisent, ce qu’ils disent, tout cela doit être ‘génial’ – tout cela finit par définir qui ils sont et non pas leurs vrais interactions avec les autres, comme cela devrait être le cas.

Les diktats du healthy lifestyle

Les diktats de la santé à tout prix touchent à la vie personnelle et professionnelle. Pour éclairer nos lanternes, je vous livre le témoignage de l’expérience personnelle d’Alison Elissa Horner sur le site Mind Body Green. Alison mettait un point d’orgue à être #healthy (en bonne santé) et mesurait la qualité de sa vie en fonction de ses habitudes ‘saines’ : la quantité de super aliments ingérés, le temps passé à méditer, le temps passé à vraiment être dans l’instant, le temps passé à documenter ses états d’âme dans son carnet, et un temps de sommeil d’au moins huit heures. Elle voulait atteindre une sorte de santé optimale avec son mode de vie sain. Il n’y avait qu’un truc qui clochait : elle ne se sentait pas si bien que ça. Elle avait le sentiment d’être seule, perdue, insatisfaite, Elle s’ennuyait même dans toutes les activités ‘saines’ (yoga, randonnée, etc) qu’elle entreprenait. Ça lui a pris plusieurs années pour comprendre ce qui clochait, mais elle a fini par mettre le doigt dessus : elle avait besoin de se sentir mue par une finalité qui dépassait son bien-être personnel. Elle en a conclu que le meilleur état de santé possible c’est quand on se lie aux autres et qu’on se soutient les uns les autres. Depuis, elle a revu sa manière d’évaluer son ‘healthy lifestyle’, il se mesure en fonction de ses relations avec ceux qu’elle aime, sa contribution au monde et sa capacité a devenir le meilleur d’elle-même.

Dans un article plus récent (avril 2016) dans Le Temps (Sois bien et tais-toi), Marie Maurisse parle du livre Syndrome du bien-être écrit par deux chercheurs, l’un anglais, l’autre suédois, qui s’interrogent sur le culte du bien-être (le ‘wellness’). Leur réflexion met en avant l’omnipotence récente du bien-être dans le monde du travail où la bonne santé est moins apparentée à l’image de marque, comme sur les réseaux sociaux, qu’à la productivité. « Mis sous pression, l’individu se sent coupable s’il ne parvient pas à dompter son corps. Pour les deux chercheurs, le culte de la santé tient de l’ultralibéralisme : l’homme est seul responsable de son état – sous-entendu de ses performances. S’il échoue à mincir, à courir, à se muscler et à faire du yoga, il ne peut s’en prendre qu’à lui-même. »

Etes-vous atteint d’orthorexie?

Je crois qu’il est important de se demander si des choix alimentaires qualifiés de ‘yoguiques’ ne sont pas de l’orthorexie déguisée dans certains cas. Parce que, non, l’orthorexie n’est pas la marque d’une bonne santé, oui, c’est un trouble alimentaire. Comment le diagnostiquer? D’après www.passeportsante.net, il n’y a pas de critères diagnostics reconnus mais un questionnaire peut nous aiguiller.

Si vous répondez « oui » à 4 ou 5 des 10 questions ci-dessus, vous savez désormais que vous devriez adopter une attitude plus détendue vis-à-vis de votre alimentation. Si vous répondez « oui » à plus de la moitié c’est que vous êtes peut-être orthorexique.

 

  • Passez-vous plus de 3 heures par jour à penser à votre régime alimentaire ?
  • Planifiez-vous vos repas plusieurs jours à l’avance ?
  • La valeur nutritionnelle de votre repas est-elle à vos yeux, plus importante que le plaisir de le déguster ?
  • La qualité de votre vie s’est-elle dégradée, alors que la qualité de votre nourriture s’est améliorée ?
  • Êtes-vous récemment devenu plus exigeant(e) avec vous-même ?-
  • Votre amour-propre est-il renforcé par votre volonté de manger sain ?
  • Avez-vous renoncé à des aliments que vous aimiez au profit d’aliments ‘sains’ ?
  • Votre régime alimentaire gêne-t-il vos sorties, vous éloignant de votre famille et de vos amis ?
  • Éprouvez-vous un sentiment de culpabilité dès que vous vous écartez de votre régime ?
  • Vous sentez-vous en paix avec vous-même et pensez-vous bien vous contrôler lorsque vous mangez sain ?

 

Manger ‘sain’ sinon rien

Dans son analyse d’une sélection de livres de recettes qui font l’apologie du manger sain à la mode du moment (The unhealthy truth behind wellness and clean eating) , Rudy Tandho démonte le pseudo argumentaire santé. « Dans ces livres de cuisine ‘bien-être’, les choix alimentaires fonctionnent sur une approche nutritionnelle du tout-ou-rien (…). Dans cette culture alimentaire, il n’y a pas de 3e voie. Tout se résume à noir ou blanc, bon ou mauvais, je suis un régime (je fais une détox) ou je me laisse aller. Beaucoup de gens finissent par alterner entre l’une ou l’autre des positions toute leur vie. » Ce totalitarisme du manger sain finit par s’immiscer  insidieusement dans nos vie : ‘Ce n’est pas un régime, c’est un style de vie’. Concernant l’alimentation, Rudy Tandho conclut que « la clé de la bonne santé n’est pas de se cacher dans un régime a la mode ou un régime ‘sans’. On ne la trouve pas comme par magie au fond d’un sachet de graines de chia ou dans le nombre de kilos perdus, dans le nombre d’heures passées au sport, ou dans une détox. Bien manger, c’est manger intuitivement, avec plaisir. sans culpabiliser (…) Quand la quête de santé devient obsédante et auréolée de peurs, ce n’est pas sain. »

 

Le bien-être et la morale hygiéniste

Jean-Laurent Cassely poursuit l’analyse du livre que j’ai mentionné plus haut (Le Syndrome du bien-être), dans un article de juin 2016 sur Slate.fr en précisant : « Pour les auteurs, le bien-être n’apparaît plus comme un idéal auquel nous pouvons librement choisir d’aspirer, mais bien comme un impératif moral qui a fini par se retourner contre nous. Le meilleur indice que celui-ci n’est plus une option personnelle mais s’est mué en morale se lit d’ailleurs dans la culpabilité attachée aux comportements «déviants». Ce n’est plus la sexualité qui fait l’objet de réprobations et fait naître la culpabilité, mais plutôt les atteintes au capital physique comme le fait de fumer, de boire, de manger gras ou sucré, de ne pas faire d’exercice ou d’être confronté à des idées négatives alors qu’on devrait se sentir bien, s’aimer soi-même et être à l’écoute de ses émotions. »

Le yoga, objet de désir

Sur les réseaux sociaux, on affiche sa santé à coup de muscle, de la minceur, de nourriture à base de fruits ou de crudités, de bouts de corps, d’images dans une salle de sport ou au parc en train de courir, de compléments alimentaires, de thé, etc. Le langage associé au bien-être peut être ‘brutalement réducteur’ comme le souligne Susie Orbach en citant en exemple quelques slogans qui circulent sur la toile : « Ton corps en dit long sur ton style de vie », « Peut-être que je fais trop de sport, que je dépense trop en complément alimentaire, que je ne sors pas et que je fais du sport pendant que les autres font la fête et que je suis de mauvaise humeur quand j’ai faim, mais tu devrais me voir nu », « Je ne veux pas de suiveurs, je veux des supporteurs ».

Cette exhibition de corps ‘en bonne santé’ a deux pendants réducteurs et dommageables selon moi : la sexualisation permanente du corps et l’idée d’un idéal du corps en ‘bonne santé’. Le magazine Stylist avait publié en février 2016 un article traitant du phénomène de la pornographie du yoga. Le constat était le suivant : « Sur Instagram, en pleine vague des postures selfies, les yogis sont de plus en plus nombreux(ses) à poster leurs asanas en mode Anaconda. Des poses ultra-sensuelles, qui privilégient les écrasements faciaux, la flexibilité quasi inhumaine et les angles sur les fesses en liberté. Vous imaginiez encore que faire du yoga, c’était s’habiller en orange pour manger des graines dans des bols tibétains? Ohm que non. Aujourd’hui, le yoga vous promet d’atteindre vraiment le nirvana. » Voila qui en dit long sur l’image qu’on est en train de véhiculer à l’heure actuelle sur le yoga : une image normative du corps comme objet sexuel.  Le paradoxe ici c’est que lorsque la sexualité est abordée dans des textes de maitres de yoga, je pense ici à ce que j’avais lu dans Yoga Mala de Patthabi Jois, on nous parle de l’acte sexuel en relation avec l’énergie vitale et l’un des principes mis en avant est avant tout l’économie de la précieuse énergie sexuelle pour la transformer en énergie spirituelle. Bref, les enseignements classiques de yoga tendent plutôt à encourager la tempérance dans le domaine. Et puis vous me direz sans doute, oui, mais sur Instagram de toute façon, les gens se montrent sous toutes leurs facettes et dans tous les aspects de leur vie (yoga compris), alors, ce n’est pas représentatif d’une vraie sexualisation de la discipline. L’article de Stylist nous apprend pourtant le contraire. Le yoga a en effet fait son entrée dans les synopsis des vidéos pornographiques. Dans l’article on cite un journaliste spécialisé dans le porno qui commente la tendance : « Le porno a toujours été réceptif à ce qui se passe dans la société. Avant, il y avait un attrait pour le fitness. Dans les années 1970, c’était les joueuses de tennis. Aujourd’hui, c’est le yoga. » La souplesse fait donc fantasmer et on en joue donc sur les réseaux sociaux notamment en taguant n’importe quelle contorsion de #yoga. Bien ou mal, là n’est pas la question, mais en tant que pratiquant de yoga, cela vaut la peine de nous poser la question de l’image que nous projetons de la discipline et des constructions que l’on rend possibles. Enfin, une sexualité épanouie est sans nul doute un signe de bonne santé, mais suggérée (ou explicite) sur internet assortie du hashtag #yoga, elle l’est moins.

Dans un article de 2014 du Huffing Post (The pornographication of fitness needs to stop), Tosca Reno aborde le sujet de la représentation pornographique du corps dans l’industrie du fitness. Elle explique qu’être en forme ne devrait répondre à aucune norme corporelle, on peut être en forme quelque soit son physique. Elle ajoute que l’objet du travail de la forme physique devrait plutôt être de « créer un corps, un organisme entier capable de survivre dans ce vaste monde » en suivant des principes d’entrainement comme « de penser intelligemment, respecter puissamment, et ressentir la force que l’on cultive en soi non pas par désir d’avoir de jolies fesses mais des fesses qui ont la puissance nécessaire pour bouger quand elles le doivent, tout comme le reste de cette magnifique machine qu’on appelle soi. » Une approche trop fonctionnelle selon vous? Je dirais plutôt une approche essentielle : ne dit-on pas du corps qu’il est le véhicule de l’esprit?

Entretenir une bonne santé pour quoi faire?

Je sais que le discours dominant est celui selon lequel le yoga a pour but la bonne santé, de rendre souple, de combattre les symptômes de stress, d’aider à mieux respirer, à mieux vieillir, à éviter les douleurs, etc. Certes, autour de moi et dans ce que nous relaient les médias, on entend souvent dire que le yoga a un impact positif sur la sensation de bien-être et sur la santé de beaucoup de pratiquants. Si on se réfère toutefois à la définition classique du yoga,  la santé n’est pas le but de la pratique du yoga, mais le catalyste et le précipité de la chimie du yoga. Le but du yoga est de rassembler toutes les facettes de nous qui sont dissociées pour réaliser notre véritable essence. On peut dire que la santé est à la fois un tremplin et une conséquence de notre quête d’accomplissement en tant qu’être humain.

Dans Philosophie Magazine de juin 2015, Alexandre Lacroix cite le cas de Francis Bacon.

« Cela nous ramène au cas de Francis Bacon qui buvait quotidiennement plusieurs litres d’alcool, se réveillait à 5 ou 6 heures du matin pour peindre jusqu’à midi et qui a tenu cette cadence jusqu’à l’âge de 82 ans. A quoi tenait cette vigueur? Le mode de vie de Bacon est, assurément, une aberration médicale. Mais cet exemple tend à montrer qu’il existe d’autres manières de tenir à la vie, que celle qui consiste à s’économiser, à acheter des légumes bio, à boire du lait de soja et faire du yoga ou du footing. En d’autres termes, l’hygiénisme tant célébré par notre époque (car il crée un marché de thérapies et de régimes florissant) n’est pas la seule voie d’accès a la santé : la vie est plus rusée et plus imprévisible que tous les clichés moralisateurs (…) Ne serait-ce pas que sa santé ne tenait ni à sa diététique, ni à sa force physique, mais qu’elle avait son siège ailleurs, dans son âme? »

Selon l’Organisation Mondiale de la Santé , le top 5 des critères pour évaluer le bon état de santé d’un individu sont :

  • Avoir une bonne image de soi
  • Se sentir bien dans son corps
  • Etre capable de nouer des amitiés et tisser un réseau social varie
  • Vivre dans un environnement intact
  • Exercer un travail intéressant dans un cadre sain

Par ailleurs, l’idée qu la santé soit un but en soi est une pure construction de l’industrie du bien-être d’après Rudy Tandho. L’Organisation Mondiale de la Santé stipule que « la santé est une ressource de la vie courante et non pas le but de la vie. »

Pas une santé mais des santés

Certains pratiquants de yoga font le choix de l’ascétisme, certains choisissent de vivre en société, certains vivent à la campagne, certains sont citadins dans l’âme, certains fondent des familles, certains sont vegetariens. Tous pratiquent le yoga. J’aime à croire que la ‘bonne santé’ ne répond pas à des critères normés et que tant que notre instinct du bien-être est en résonance avec  le sens que nous donnons à notre vie, nous cultivons une ‘bonne santé’.

J’ai ainsi beaucoup aimé les mots de conclusion d’Alexandre Lacroix dans Philosophie magazine : « Le mot « santé » ne renvoie plus seulement à l’absence de pathologie mais à une harmonie complexe autant qu’intime. La santé résiderait alors dans une certaine coïncidence d’un être humain avec lui-même. Conséquence : il n’existe pas de définition normalegénérale de la santé, mais autant de santés que de manières de se maintenir en vie. »

Vivons. Ensemble. Namasté

Laurence Gay

YOGA, SANTE ET OBSESSIONS

UN PETIT COUCOU EN PASSANT

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Je me suis dit que me tirer le portrait en angle plongeant à la sortie sortie de ma pratique de ce matin serait d’un effet bien flippant. C’est réussi non? On dirait un alien à la tête démesurée collée sur un petit padmasana. Tout ça pour vous dire que je fais un saut de puce à Paris dans les prochains jours pour finaliser mon déménagement et qu’il est fort probable que je rende visite aux filles de Yogaconcept. Pourquoi? Parce que je les trouve sympas d’abord et aussi parce que j’aimerais en savoir plus sur l’opération caritative #loveasana que Yogaconcept a mise en place.

Si ça vous dit de nous faire coucou à la boutique de Pamela, restons connectés (facebook, twitter, instagram), je vous y informerai de mon p’tit tour du côté de chez Yogaconcept.

UN PETIT COUCOU EN PASSANT

J’AI REVE DE YOGA

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Raja Ravi Varma, Usha’s dream

L’un de mes rituels du saut du lit : ouvrir les rideaux. C’est un peu comme ouvrir ses yeux, ça nous ramène au monde réel. Ce matin, j’ai du mal à y croire. Je pense d’abord que mes lunettes sont encrassées. Je vérifie, mais non. C’est bel et bien une épaisse nappe de brouillard qui enveloppe les immeubles environnants. Chose rare, j’habite au cœur de Paris et nous sommes le 6 juin. C’est dans cette ambiance quasi onirique que je commence ma journée. Drôle de coïncidence, je me suis réveillée en plein rêve. Devinez de quoi je rêvais.

De yoga.

Pour être plus précise, je rêvais que je donnais un cours de yoga à une foule de personnes. Cette foule était organisée en trois carrés bien alignés. Au fur et à mesure que le cours avançait je réalisais l’ampleur de la foule. Une personne à mes côtés a voulu donner des indications à ma place en s’adressant au groupe, en impliquant que la séquence que je guidais n’était pas aussi complexe qu’elle pourrait l’être. Et là j’ai dû interrompre ce que nous faisions et devant tout le monde la reprendre. Je savais que je prenais un risque, celui que les gens se rallient à elles et dénigrent ce que je leur proposais. Je lui ai expliqué que ce que je faisais avait un sens, que pour faire pratiquer ensemble un groupe aussi grand il fallait nécessairement envisager quelque chose de simple et accommoder progressivement les niveaux de pratique différents en observant les personnes évoluer dans ce que je leur proposais. Je lui ai rappelé que j’avais la responsabilité du groupe, pas elle. La personne s’est alors tue. Je me suis ensuite déplacée entre les rangées de personnes pour constater que tout le monde ne voyait pas les asanas que je démontrais ou n’entendait pas les indications que je donnais à cause de la taille conséquente du groupe. J’ai alors décidé de parler plus fort, de décomposer davantage mes explications en maintenant le rythme du cours tout en déambulant parmi les gens. Le groupe répondit favorablement, plus harmonieusement. Les gens commençaient a bouger tous ensemble (c’est l’un des trucs qui m’émeut vraiment dans la salle de cours et dans mon rêve, ça m’a émue pareillement) et je pouvais maintenant introduire un peu de complexité à la séquence.

No comment. L’inconscient a parlé!

J’AI REVE DE YOGA