MINUTE MYSTIQUE : NOUVELLE LUNE DU 19/10/2017

Wassily Kandinsky : Circles in a circle

Marseille, le mercredi 18 octobre 2017

Sources : ATROETIK.FR ; THEPOWERPATH.COM ; MOONCIRCLES.COM ; LEAHWHITEHORSE.COM

Voici donc (un peu en vrac) ce sur quoi concordent ces quatre sites d’astrologie au sujet de la nouvelle lune à venir qui est aussi l’amorce de la fête des lumières en Inde (Diwali) :

  • C’est le moment d’une réinitialisation radicale. Un reset sur ton de décharge électrique. On se doit de ne plus tourner en boucles.
  • L’heure est venue de formuler une nouvelle intention de transformation (sankalpa).
  • La décharge électrique n’est pas une punition, elle marque au contraire le moment d’ouverture de conscience sur nous-mêmes : « Je suis moi avec mes spécificités. » Ce « nous-mêmes » qu’on a mis entre parenthèse pour des raisons de politesse ou de convention sociale émerge. Sentiment exacerbé de liberté, sortie d’aliénation émotionnelle ou de contraintes égotiques.
  • « Surprenez-vous à vous laisser surprendre ». Période pendant laquelle notre créativité s’exprime.
  • Des rencontres ou partenariats avec des individus qui vont faire naitre de nouveaux schémas y compris en faisant éclater des relations existantes.
  • Honorer son corps et sa sensualité.
  • Mots clés : pulsion de vie, excitation, désir.

Namaste spécial à Virginie qui m’a fait découvrir astroetik.fr.

MINUTE MYSTIQUE : NOUVELLE LUNE DU 19/10/2017

MARSEILLE ▪️ COURS HEBDO ET EPHEMERES

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Crédit photo : ©anaka photographie

Marseille, le dimanche 8 octobre 2017.

« C’EST QUOI COMME YOGA? »

La question incontournable à laquelle je dois répondre d’emblée. Réponse : Dans ces cours on travaillera sur la construction intelligente de séquences de postures de yoga en suivant le principe de synchronisation de la respiration avec les gestes. Chaque cours inclut une relaxation et/ou selon les besoins des exercices respiratoires spécifiques. D’une séance à l’autre, les séquences varieront en fonction des besoins énergétiques du moment et de l’évolution de l’intégration physique des participants. En savoir (encore) +

COURS HEBDO

A partir du 10/10, je vous propose un cours de yoga en mouvement pour tous, les mardi de 12h30 à 13h45 (je vous épargne le calcul mental : le cours dure 1h15, mais on sait bien que le temps de la pause déjeuner est serré pour certains alors  on s’organisera pour que ceux qui doivent quitter un peu en avance puisse le faire en douceur)

Au Grenier du Corps 2 rue des Tyrans 13007 Marseille.

Accès au cours et tarifs
Pas de réservation nécessaire pour ce cours hebdo. Vous présenter à l’accueil du centre 10 minutes avant le cours pour régler votre cours ou valider votre carte suffira. Les tapis sont fournis sur place. Ce cours est soumis aux tarifs du centre. Cela veut dire en clair que si vous souscrivez à une carte, vous pouvez l’utiliser pour participer aux autres cours dispensés au Grenier du Corps.

COURS D’ESSAI (valable une seule fois) : 10€
DROITS D’ENTREE (valable jusqu’aux vacances d’été, droit d’entrée pour accéder aux tarifs listés ci-après) : 30€
COURS A L’UNITE : 15€
CARTE* 5 cours valable 3 mois à partir de la date d’achat 60€ (soit 12€ / cours)
CARTE* 10 cours valable 5 mois à partir de la date d’achat 110€ ; 95€ pour les Étudiants ; 75€ pour les Intermittents et DE Danse sur justificatif

*Les cartes sont nominatives et ne peuvent pas être partagées. Il existe d’autres formules de cartes, je vous laisse découvrir l’intégralité des tarifs.

Dans le futur
Je souhaite développer une offre de cours plus fournie dans ce lieu avant la fin de l’année. Quand cela se fera, je proposerai mes propres tarifs. On en parlera plus tard. Pratiquons au présent. Le présent,  un bon endroit pour commencer notre aventure.

COURS EPHEMERES

Une fois par mois, le samedi, un cours de 2h (de 11h à 13h) que j’ai baptisé le yoga_du-samedi-matin-pas-trop-tôt. Parce que le samedi on a plus de temps pour soi, cette session dure 2h. L’approche est la même que celle des cours en semaine mais les séquences seront différentes parce que le samedi est le jour le plus exotique de la semaine.

Au Grenier du Corps 2 rue des Tyrans 13007 Marseille.

Accès au cours et tarifs
Les prochaines dates :

  • samedi 14/10
  • samedi 11/11
  • samedi 9/12
  • samedi 20/1

Il faut réserver sa place en ligne pour pouvoir participer. Les tapis sont fournis sur place. Le tarif : 20€ (15€ par personne si on réserve en ligne pour 2). Pour s’inscrire, c’est ici. Juste une petite chose encore, c’est important d’arriver à l’heure, sinon le début du cours est retardé, c’est en effet moi qui porte ces jours-là la double casquette d’accueil et de prof. Et je n’ai pas encore le don d’ubiquité.

A très vite dans le futur présent, à Marseille.


Laurence Gay Yoga http://www.laurencegay.com

MARSEILLE ▪️ COURS HEBDO ET EPHEMERES

TROP GENTILLE ▪️ NEWS D’OCTOBRE

Marseille, mercredi 4 octobre 2017.

Dans les messages scandés par les gourous du bien-être, la gentillesse est souvent avancée comme salvatrice dans ce monde de brutes. Salvatrice pour soi et pour le monde. Paradoxalement, on m’a fait la remarque suivante récemment : « Tu es trop gentille. C’est ton défaut. » On s’est empressé d’ajouter : « Enfin, c’est relatif. Faut pas être gentille envers tout le monde. » Là, on touche au cœur du sujet. La gentillesse est culturellement perçue comme de la mièvrerie, de la niaiserie, de la naïveté, de la crédulité, un piège qui se referme sur le gentil dès qu’un opportuniste aura besoin de sa ration de chair de gentil pour se bȃfrer du réconfort d’une oreille tendue ou d’un service rendu. Permettez-moi de remettre cela en perspective. Etre gentil c’est un choix et pas celui d’une stratégie d’évitement. Au contraire, c’est le choix de se connecter à l’autre, de reconnaitre une vulnérabilité partagée, de laisser de la place au point de vue de l’autre et d’éviter le jugement. C’est tout sauf passif. Si vous me demandez mon avis, l’indifférence est lâche et le cynisme, de l’arrogance facile. Des pièges, oui, je suis tombée dans certains. Mais au moins, j’aurais osé sortir de moi. Croyez-moi, le gentil est d’une race noble et sensible qui sait exactement à quel moment il faut se lever de table et partir. Ce qu’il a à offrir est bien trop précieux et puissant pour le cynique des mortels.

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Instagram @motelbunny

Bon. maintenant, gentiment, je vous balance les news d’octobre. Ca me fait sincèrement plaisir pour plusieurs raisons : je vais enfin pouvoir proposer un créneau hebdomadaire à mes copains de yoga à Marseille ; je vais revoir mes copains de yoga de Paris. Depuis juillet, on ne s’est pas vus. Ca fait long! Et enfin, je vais revoir mes copains de yoga de Bordeaux, pareil, juin, c’était il y a une éternité. Trop hȃte!

MARSEILLE

[] Ce mois-ci, notre rendez-vous du yoga_samedi_matin_pas_trop_tot aura lieu le samedi 14/10 de 11h à 13h. Cours pour tous de yoga en mouvement pour une pratique complète qui fait travailler haut et bas du corps, la respiration et qui se termine en relaxation. Tarif : 20€ / 30€ à deux si on s’inscrit à 2. Info et réservations en ligne.

[] La big news (roulement de tambours), c’est que je vais proposer dès le 10/10 un cours hebdomadaire d’1h15, tous les mardi au Grenier du Corps, 2 rue des Tyrans dans le 7e. Horaire : 12h30-13h45. Pas besoin de s’inscrire. L’encaissement est géré sur place par la personne de l’accueil (leurs tarifs).

PARIS

[] Il reste 2 places à l’atelier d’intégration débutant du dimanche 22/10 de 13h à 15h30. Tarif : 30€. Info et réservation en ligne. On se motive!

BORDEAUX

[] Vendredi 17 novembre. Un cours exceptionnel d’1h à la boutique Customindshop au 39 cours Pasteur à 9h. Le cours est suivi d’un petit déjeuner offert par la boutique. Tarif : 12€. Réservation nécessaire (seulement 8 à 10 places max) en réglant votre place en boutique. Le tapis est fourni. Si vous avez besoin d’info, contactez Lorraine et Anto sur facebook ou instagram : @customindshop.

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[] Samedi 18 novembre. Deux ateliers. 2 x 2h30. Un à 10h30, l’autre à 17h chez Nataraja Yoga au 20 rue Vilaris. Au programme :

10h30 : « INTRODUCTION AUX INVERSIONS » (2h30)

Nous aborderons de manière ciblée, intelligente et progressive la construction des postures renversées (quand le bassin est au dessus de la tête) dans une séquence dynamique pour ouvrir et préparer le corps pas à pas. En fonction du groupe, notre focus se fera sur salamba sarvangasana, sirsasana, pincha mayurasana, adho muka vrksasana et leurs variations. Cette session inclut du pranayama et une relaxation guidée.

17h : « PURE ENERGIE » (2h30)

Une pratique stimulante, en mouvement, pour cultiver la force et agni, le feu vital. Psychiquement, nous cultiverons le principe de durer dans l’effort pour activer le processus de transformation sans disperser notre énergie mais au contraire en capter davantage. Nous passerons en revue des variations, ce qui permettra à chacun de travailler dans le périmètre d’une intensité cohérente avec son degré d’intégration posturale. Cette session inclut du pranayama et une méditation guidée.

Les tarifs et info sont sur le site du studio qui organise ma venue : le studio Nataraja.
Si vous avez besoin de contacter directement le centre, un email : cyrilyoga@hotmail.fr ou une page facebook : @studionatarajayoga


Laurence Gay Yoga http://www.laurencegay.com

TROP GENTILLE ▪️ NEWS D’OCTOBRE

INSOMNIES

Marseille, mercredi 4 octobre 2017

J’émerge, je regarde le réveil. 3h du matin. Il m’a pourtant semblé que le jour se levait. Suis entre deux eaux. Je me retourne, me recroqueville et me dit que le silence ambiant va m’envelopper et m’aider à me rendormir. Hier j’étais réveillée vers 2h30, j’étais malgré tout restée couchée. Suffisamment pour me donner l’illusion de m’être reposée et me lever à une heure décente. Enquiquineur de moustique. C’est ce que je m’étais dit. Que c’était le moustique le coupable. Mais aujourd’hui, pas de suceur de sang dans l’atmosphère.

Alors, je fais quoi? Ca fait quoi une prof de yoga quand elle est sujette à l’insomnie?

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Je me suis levée vers 4h. J’avais faim. Entre 2h et 6h du matin, le dosha vata est dans la place. Quésako? C’est un truc d’ayurveda qui stipule que la dynamique énergétique du mouvement rentre en scène. Mouvements de fin de digestion et d’élimination et aussi, mouvement mental. Il se réveille le bougre. La pratiquante de yoga que je suis procède à cette analyse et en conclut que son vata à elle est bien susceptible ces temps-ci. Saison oblige. La vie oblige. Mais je m’abstiens de brancher le ventilateur et balancer dessus toute la merde mentale (jolie métaphore de ma copine ninja Sophie pour illustrer ce que sont les sales conséquences des turbulences du mental), je retrousse les manches de mon pyjama, et je lance un défi à vata. Ok, on va te calmer vieux. Après un brin de toilette, on va apaiser la faim : flocons de riz cuits dans du lait d’amande, cannelle et miel. J’en déguste un petit bol, parce que je compte bien adresser un doux salut au soleil intérieur (l’autre est encore loin d’être levé). Avec l’estomac plein, ça ne le ferait pas. Je range deux trois vêtements égarés sur le sol, plie le linge qui a séché pour laisser au bol de riz le temps de descendre le long des tubes. La ville est silencieuse. même les oiseaux sont discrets. Vers 5h, le tapis est déroulé. Dès que monsieur mental tente une intrusion pour allumer le ventilo et s’amuser un peu avec ses seaux de fiente. Je le rappelle à l’ordre. C’est niet. Faut être ferme avec ce genre d’individu. Echauffement, yoga des yeux, quelques namaskars savamment choisies pour ancrer vata, du pranayama. Ca va un peu mieux. On approche de 6h. Je farfouille dans ma boite a outils de yoga. Tiens, un petit abhyanga, ca sert toujours. Direction la salle de bain. Huile, serviette, bol d’eau chaude. L’onction est faite. Douche chaude. Punaise, ça remet d’équerre!

Pourvu que l’équerre tienne la journée. Au fait, la lune croit. Elle est bientôt pleine. A elle aussi je pourrais coller un blâme tiens. Elle et vata devraient se tenir a l’écart du chiot quand il est excité (Figure de style très personnelle que j’utilise pour nommer mon mental quand il fait pipi partout. L’image du singe est celle communément employée pour illustrer le mental qui saute de branches en branches, mais j’ai eu plus affaire à des chiens qu’à des singes dans ma vie, alors je me suis réapproprié le truc). Allez, il faut que je sois honnête. Le café me rend lucide. La lune et vata ne font que leur job après tout. Moi je fais le mien : mener ma barque. Enfin, depuis quelques mois, je rame plutôt que je navigue. Oui, le ventilo projette le mot « précarité » aux murs de mon cortex. Ca n’est pas sans me faire peur mais vous l’aurez compris, je fais de mon mieux pour lessiver les éclaboussures.

Namasté


Laurence Gay Yoga – http://www.laurencegay.com

INSOMNIES

FIFTY-FIFTY AUTOMNAL

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FB : Corinne Allavena

Marseille, jeudi 21 septembre 2017

« Changement de lieu, temps du changement, des réflexions qui changent, un avenir qui change. » D’après ce que j’observe dans l’actualité et à l’humble échelle de ma vie, cela fait un slogan sur mesure pour cet équinoxe d’automne [slash] nouvelle lune de septembre 2017. Nos jours sont aussi longs que nos nuits le 22 septembre pour ensuite laisser place au royaume de la nuit pendant quelques mois. De la nuit pour semer des graines. Apparemment le sol est fertile. En tout cas il semble que cette année, cette jonction de saison est puissante sur bien des plans. Voici retranscrit ce qu’en dit Robert Wilkinson, l’un des astrologues chouchou du site mysticmamma.com :

Beaucoup de choses ont radicalement changé depuis les dernières semaines, et nous pouvons enfin avancer sachant que même si une main nous prend quelque chose ; l’autre main, elle, nous donne précisément ce dont nous avons besoin.
Depuis l’éclipse solaire récente, une course s’est engagée et ce n’est pas le moment d’hésiter ou de se perdre dans des considérations inutiles. Faire ce qui doit être fait, promptement et efficacement. Et laisser les fantômes du passé couler dans le courant du temps.
Pardonnez beaucoup, délestez-vous beaucoup, lâchez ce qui ne vous sert plus et soyez prêts pour les révélations à venir … »


Laurence Gay Yoga http://www.laurencegay.com

FIFTY-FIFTY AUTOMNAL

RENTREE : 99% PRATIQUE, 1% THEORIE

Image : Cig Harvey, « Goldfinch »

Marseille, lundi 4 septembre 2017

« Comment s’est passé ton été? » Si vous me posez la question je serais bien tentée de vous répondre : « Il m’a remis les idées en place ». Ce fut mon premier été véritablement posée à Marseille. J’ai donc eu le luxe de profiter de bains de mer bien avant le solstice d’été et l’arrivée des vacanciers. Puis le luxe de bouder la plage après l’arrivée de ces derniers. Une fois les vacanciers rentrés, l’automne me promettra sans doute de jouir du privilège de reprendre la baignade. J’ai beaucoup de chance. J’ai aussi voyagé occasionnellement. Pour un concert, pour aider une amie à faire du gros chambardement dans sa maison et mon frère à ranger son garage ; j’ai aussi nourri les plantes et arrosé les châtons d’amies parties loin de Marseille pour mieux y revenir. Dans ce ronron estival j’ai reçu un message sur Instagram. On m’annonçait qu’une personne à qui j’avais donné des cours privés de yoga était décédée cet été. Elle avait à peine mon âge. Le cancer avait eu le dernier mot.

Revenir au flux d’images carrées après avoir lu cette triste nouvelle soulignait un contraste indécent. La vacuité de cette enfilade d’univers mis en scène versus la réalité mordante de la mort. Je reposai mon téléphone. Je pleurais. Il m’a mordu fort ce message. Certains des gens avec qui je partage le yoga deviennent des amis ; avec la plupart d’entre eux ce n’est pas vraiment de l’amitié ; c’est une relation subtile de confiance et de bienveillance qui s’instille. On se sent concerné par l’autre et ce qui lui arrive parce que traverser la vie de l’autre, ne serait-ce qu’une fois par semaine, dans l’optique de l’aider a rassembler toutes les facettes de lui-même et calmer son mental, ça ne laisse pas indifférent. Ca ne me laisse pas indifférente de recevoir la confiance de l’autre pour faire un bout de chemin sur ce sentier pas si balisé que ça qu’est le yoga. Ce n’est pas rien quand quelqu’un vous fait confiance. C’est même beaucoup. Un honneur.

Les marques de la morsure s’apaisent et font en même temps surgir une question. Vivre, en théorie et en pratique. La théorie sur la vie c’est ce qui vient nourrir les discussions de comptoir, c’est l’assiette de cacahuètes sur la table à l’apéritif. Beaucoup de certitudes, des jugement de valeurs et d’opinions grillés à sec. En pratique, la vie ça se passe de commentaires. On échafaude la vie, pour soi et pour les autres, maladroitement, en se concentrant du mieux qu’on peut sur ce qu’on fait. Je crois qu’on parle peu dans la pratique de la vie. Perdu au milieu de ces marronniers de rentrée des classes qui nous enjoignent de manière subliminale à consommer davantage pour atténuer nos craintes de la menace d’une guerre thermonucléaire sur fond de rage sociale, j’ai aperçu un arbre d’une autre espèce : le statut de Delphine sur facebook. En voici un extrait :

« Je suis TELLEMENT fière et heureuse car plusieurs mineurs isolés dont je me suis occupée exaucent leur rêve cette semaine : ils rentrent à l’école.

Permettez-moi donc de verser une petite larme de joie (voire un torrent) pour Raoul, Momo, Boubacar, Gul., Sad., Bazou, Moussa, Alseny, Bachir, Sadou et Rah.

Ils ont fui la guerre, la pauvreté, la maltraitance, ils ont dormi dans la rue et pour certains continuent à attendre de pouvoir être régularisés… mais lundi ou mardi, ils seront des ados normaux, et c’est le plus beau cadeau de mon année… et de la leur surtout. »

Delphine, je l’ai rencontrée dans des cours de yoga il y a longtemps. Nous sommes restées en contact sur les réseaux sociaux, elle m’avait gentiment prêté main forte avec la migration de mes cartons du 10e au 17e il y a quelques années. C’était la dernière fois qu’on s’était vues. Depuis quelque mois, Delphine publiaient dans ses statuts des demandes de bénévoles pour aider les personnes migrantes. Son dernier statut m’a émue et remplie de joie parce que je suis les péripéties de Delphine depuis un moment et je sais donc que ce statut est un sacré jalon.  Je vais vous raconter tout cela. D’abord, je vais vous en dire plus sur Delphine parce qu’elle a fait le choix clair de pratiquer la vie en laissant les théories de côté.

Delphine avait initialement proposé son aide au Collectif Parisien de Soutien aux Exilé-e-s pour préparer à manger pour des personnes migrantes échouées dans notre capitale. Ce faisant, elle avait vu passer des annonces qui disaient que des mineurs exilés étaient à la rue. Et ça ne l’a pas laissée indifférente. Elle s’est rapprochée de l’association Paris d’Exil qui fait de l’hébergement solidaire, dispense des cours de français et propose des activités à des familles ou des enfants sans famille exilés. En théorie, venir en aide à un plus faible que soi est évident ; en théorie toujours, faire de la place dans sa maison à une personne qui n’a plus de toit, est juste une question d’organisation. Ah, ce que nous aimerions vivre sur cette terre promise qui a pour nom Théorie! Delphine, elle, a préféré quitter Théorie. Soyons francs. Ca n’a pas été simple. Elle s’est jetée a l’eau en proposant d’héberger un jeune afghan chez elle. Mais passer de la théorie à la pratique ça fait peur. Elle a flippé au point de demander à un pote de bien vouloir rester chez elle le premier soir où elle hébergeait Rahim, le jeune exilé. Mais ce pote est parti aussi vite qu’il est arrivé parce qu’elle a vite réalisé qu’il n’y avait rien à craindre. Depuis son passage à l’acte, elle m’a confié être prise dans un tourbillon. Elle a rejoint les membres de Paris Exil qui hébergent ces ados venus d’ailleurs : « (…) j’ai intégré l’équipe qui organise les hébergements. Mais bon, on est entre 3 et 10 pour gérer l’hébergement de 50 à 100 ados. »

Mais bon Delphine, réalise la p*** de différence (pratique) que tu fais dans la vie de ces mômes! Je sais, tu me l’as dit toi-même, tu n’es pas seule a être passée a l’acte. En sus des collectifs cités, tu m’as mentionné le collectif Accompagnement des Jeunes Isoles Etrangers qui accompagne les enfants dans les procédures administratives et juridiques et une femme de terrain indépendante que tu admires beaucoup : Agathe Nadimi.

En conclusion, Delphine me dit qu’il y a beaucoup de bonheur dans tout ça. Le bonheur de réaliser qu’il y a « des gens vraiment géniaux » qui articulent toutes ces actions pour aider les personnes exilées. « Et les jeunes … » ajoute-t-elle « Il y en a qui me chavirent le cœur de simplicité et de gentillesse. Malgré ce qu’ils ont vécu. »

Je crois qu’une Delphine sommeille en chacun de nous. Passer à l’acte. Faire le grand plongeon. Faire confiance. Sortir de soi. Changer de peau. Faire éclater la bulle. Participer. C’est Delphine. C’est yoga. C’est 99% de pratique ; 1% de théorie.

C’est aussi en ces termes que je nous souhaite à tous d’envisager cette rentrée. Faisons-le pour nous-mêmes et pour ceux qui nous font confiance, hier, aujourd’hui et demain.

Namaste.

Merci Delphine, Capucine, Ingrid et Eve ❤


Laurence Gay Yoga http://www.laurencegay.com

RENTREE : 99% PRATIQUE, 1% THEORIE

TROMPERIES ET VERITES SUR LA SOUPLESSE EN YOGA

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© Elodie Guézou contorsionniste

Dimanche 20 août 2018 – Laurence Gay

Le mot souplesse a deux sens. Celui qui obnubile le yoga actuel est celui de l’agilité dans les mouvements. Le Dictionnaire Historique de La Langue Française nous apprend que le mot souplesse s’employait à l’origine au pluriel, les souplesses, et désignait une acrobatie, un tour de saltimbanque. On est en plein dedans avec toutes les représentations de contorsions extraordinaires dont on nous inonde au sujet du yoga. Toutefois, cette surreprésentation de tours de souplesse dans le yoga nous trompe sur la discipline. D’abord la tromperie se fait dans l’inconscient collectif.

De nombreuses personnes prennent peur à la vue de ces corps emmêlés et finissent par se convaincre que le yoga n’est pas fait pour leur corps à eux. Ils en concluent qu’être souple dans son corps est nécessaire à la pratique des asanas. Rien à voir. La pratique des asanas est centrée exclusivement sur la circulation de conscience dans les parties les plus fines du corps. Vous disposez d’un système nerveux? Vous disposez d’un véhicule qu’on appelle corps? Vous disposez d’une conscience? Oui. Alors, je vous rassure tout de suite. Vous êtes parfaitement équipé.

La souplesse, c’est dans la tête

Combien de fois ai-je entendu des personnes venir à moi en début de cours pour me dire : « Je viens au cours mais le problème c’est que je ne suis pas souple »? Inversement, des personnes me disent aussi « J’ai proposé à ma copine de venir a ce cours, elle n’a jamais fait de yoga, mais ça ira, elle suivra, elle est souple». Dans les deux cas, poser la sensation de raideur ou de souplesse dans le corps, respectivement, comme un problème ou un atout pour faire du yoga témoigne pour moi avant tout d’une attitude mentale. Pour la personne qui se perçoit comme raide cela se traduit par « Je ne vais pas y arriver », pour l’autre, qui se perçoit comme souple, cela équivaut à dire « Je peux tout faire ».

L’inconfort a sa place en yoga

Les notions d’aisance et d’inconfort sont des notions clés de la pratique des asanas (postures de yoga). On dit que l’asana est la résultante d’une posture qui marie aisance et fermeté, détente et effort juste. Que l’on soit raide ou pas, l’enjeu physique est d’être sensible à la structure qu’on établit avec son corps et, indissociable du premier en yoga, l’enjeu psychique est d’observer nos réactions et nos choix. Voici comment Eva Ruchpaul décrit ce processus.

« [Un débutant, face à la difficulté mécanique, qui sera désireux d’étudier en même temps ses capacités psychiques] organise donc la posture et sent l’inconfort avant de parvenir a l’installation complète. Là, au lieu de forcer, il reste sur ses positions, il attend comme un animal qui flaire l’adversaire. Cet arrêt, même très court, voire virtuel permet deux résultats immédiats : sur le plan physique, les contractions musculaires antagonistes ou inutiles vont se dénouer d’elles-mêmes ; sur le plan psychique, le seuil de la douleur va s’élever : à ce stade l’inconfort diminue. Alors l’apprenti pousse la posture légèrement plus loin, il va frôler la douleur, mais s’arrêter juste avant, et là, il va durer, s’installer pour tenir le plus longtemps possible. »

[En lire plus dans FAUT-IL SE FAIRE VIOLENCE EN YOGA?]

Tada! Je ressors mon dico pour vous donner l’autre définition du mot souplesse qui fait écho aux propos d’Eva. Au sens figuré, souplesse est défini comme « l’aptitude qu’a une personne à s’adapter aux circonstances », dans le sens « de ce qui donne une impression d’harmonie ». Harmonie versus performance en yoga, bon sujet de dissertation vous ne trouvez pas? Vous avez 4h … 😉

La grande menteuse : l’hypermobilité

La tromperie se poursuit dans l’apparence de souplesse. Et celle qui nous dupe s’appelle hypermobilité (elle est aussi appelée hyperlaxité). Elle se manifeste chez un individu dont une ou plusieurs articulations ont une amplitude de mouvement hors norme. Une personne peut être naturellement hyperlaxe dans certains endroits de son corps et pas dans d’autres. Ce qui fait que certains, debout, se plient en deux en touchant le sol avec les paumes de main et en gardant les jambes tendues et pourraient y rester des heures alors que l’idée de passer des heures en badha padmasana leur fait moins envie. Bien ou mal? Vous savez bien que notre propos est au-delà de cela.

Cette mobilité exagérée s’explique par l’hérédité, la constitution propre à l’individu, par des changements fonctionnels ou structurels de l’articulation et des tissus connectifs (fascias, tendons et ligaments) qui s’y rattachent (1). Sur le site Médecine des Arts, le Docteur A. Arcier rapporte les résultats d’une étude menée sur l’hyperlaxité en comparant une population de danseurs du Royal Ballet et une population d’élèves infirmièr(e)s d’ȃge équivalent. Les résultats mettent en avant que l’hyperlaxité importante des danseurs n’est pas seulement acquise par l’entrainement, elle serait un critère de recrutement. L’hypermobilité conférant aux gestes dansés une esthétique recherchée, elle est un critère de sélection pour l’école de danse. L’entrainement des danseurs (mais pas que, les gymnastes sont logés à la même enseigne) va donc viser à accentuer cette hyperlaxité naturelle. Ce qui, dans l’optique de performance, n’est pas sans poser problèmes : luxations, entorses, déchirures de ligaments, risques de blessures articulaires et à plus long terme arthrite articulaire.

Nul besoin de rappeler que la performance n’a pas sa place dans notre pratique du yoga … Si? Bon, c’est chose faite alors.

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Pourquoi une personne hyperlaxe peut-elle se blesser en cherchant davantage de souplesse?

Réponse courte : elle se blessera si elle n’apprend pas à rééduquer sa perception du corps en mouvement et en position statique.

Réponse longue : lire ce qui suit.

L’hyperlaxité est une élasticité exagérée de certains tissus dans le corps et notamment dans les tendons et ligaments. Petit détour anatomique : les tendons forment une liaison entre un muscle et l’os et transmettent la force au système squelettique, les ligaments ont pour vocation de tenir ensemble des os et stabiliser les articulations. Pour qu’ils assurent leurs rôles, leur élasticité est normalement minime. Pour faire simple, leur rôle est de maintenir la structure intègre dans le mouvement. Comme je l’expliquais plus haut deux des notions clés dans la pratique des asanas : structure et conscience. Or quand une personne travaille des asanas qui requièrent une certaine ouverture (ou amplitude de mouvement) dans une zone de son corps hyperlaxe, si cette personne travaille en absence de conscience, le mouvement se fera tout seul mais le chemin structurel aura été contourné. La personne hyperlaxe rentre « comme dans du beurre » dans certaines positions mais ne ressent pas la structure dans laquelle elle s’installe, voire même, la subit, parce que les contournements induits par son hyperlaxité va dénaturer la structure recherchée par la forme de l’asana. A force de contournement, des tensions finissent par s’accumuler et lorsqu’elles se transforment en douleur, la structure du corps est déjà bien mal en point. L’agencement du mouvement va sur-solliciter, sans maintien, les zones laxes et peut provoquer sur le coup ou à force de répétition, des pincements ou de l’usure dans la zone du corps concernée.

Souplesse « vide » ; souplesse « forte »

J’ai fait appel à une amie pour nous éclairer davantage. Elle est excellente professeure de Pilates, spécialiste du mouvement. Elle s’appelle Maria Elena Bernardi (StudioM à Paris). Je ne l’ai pas choisie parce qu’elle est mon amie, mais surtout parce qu’elle travaille avec un public large de jeunes ou moins jeunes, danseurs ou pas et qu’elle est une experte bienveillante. Ce sont mes préférés, les experts bienveillants.

J’ai donc demandé à Maria Elena de nous parler d’hyperlaxité. Elle qualifie l’hyperlaxité de souplesse « vide », comprendre vide de conscience. Attention, il ne s’agit pas d’un jugement sur la personne mais d’un qualificatif relatif à la conscience corporelle qu’elle s’est forgée au fil du temps. Une forme ou un mouvement du corps se fait tout seul sans aucune sensation du chemin qui porte la forme ou qui articule le mouvement. Dans son corps, une personne hyperlaxe manque souvent d’organisation, de coordination, de réponse.

Par opposition, une souplesse que Maria Elena qualifie de « forte » est un état de conscience des espaces dans le corps pour prendre appui dans le mouvement ou dans l’établissement d’une posture. Plus on utilise des points d’appui dans son corps moins on subit la gravité. L’enjeu pour une personne raide qui travaille sur son corps est de trouver de l’espace à l’intérieur d’elle-même ; selon Maria Elena, la clé est la détente. Pour une personne hyperlaxe, cultiver sa souplesse signifiera passer de la souplesse « vide » à la souplesse « forte », et pour ce faire, l’enjeu est de travailler sur le rythme et la dynamique d’exécution des mouvements.

Souplesse? Dans ton fascia!

Maria Elena ajoute aussi une considération physiologique ayant trait aux fascias. Ces membranes enveloppent les structures anatomiques en nous (organes, muscles, os, nerfs, vaisseaux, etc.) pour les maintenir, les séparer et les faire glisser entre elles. Les fascias sont essentiels au mouvement ; des fascias élastiques et donc hydratés sont essentiels à la souplesse. Or si je vous dis que ce n’est pas l’eau que vous buvez qui fait le travail, quoi donc? Le mouvement. Maria Elena précise que le fait de travailler un mouvement sous des angles différents est ce qui permet de garder des fascias joyeusement élastiques.

Souple? Dans tes rêves!

Dans nos pratiques, la visualisation et l’imagination sont des outils essentiels. Maria Elena précise que les véritables enjeux concernant la souplesse sont de :

  • sentir que plein de directions dans le corps peuvent se déployer
  • prendre conscience de l’organisation générale du corps

 


(1) Fascias in sport and movement par Robert Schleip

TROMPERIES ET VERITES SUR LA SOUPLESSE EN YOGA