HILDA DE DUANE BRYERS

Une découverte sur le fil facebook de ma copine Marie : les images de Hilda, une femme rousse et pétillante. J’ai dû creuser un peu sur Hilda. Elle m’a tellement plu que j’ai eu envie de vous la présenter. Elle pourrait être une icône sincère du mouvement du #bodypositive.

Hilda voit le jour dans les années 50 sous les crayons (ou pinceaux, je ne saurais dire) du dessinateur américain Duane Bryers. D’après un article du Demotivateur, le dessinateur aurait créé cette pin-up au corps rond en réaction aux canons de beauté hollywoodiens qui dominaient à l’époque.

La série de dessins de Hilda que j’ai découverte sur le net m’ont ravie. Elle est le genre de femmes que j’aimerais avoir pour amie. Elle est facétieuse, enjouée, gourmande, concernée et contemplative. Elle a un caractère affirmé et aime lire. Oui, elle fait du yoga, mais ce n’est qu’une planche parmi tant d’autres… Hilda ne se définit pas par ça. Elle est plus large que ça. Elle est magnifique. Je vous la présente.

FAIRE DES POSTURES DE YOGA VERSUS PRATIQUER LE YOGA

Sur sa page Facebook, Klara, une amie professeur de yoga, a relayé un article de Kara-Leah Grant ‘The difference between practicing yoga postures and having a yoga practice’. Je vous retranscris cet article parce que selon moi Kara-Leah a trouvé les mots justes pour parler de cette intoxication aux postures de yoga qui fait que beaucoup de personnes qui ‘font des postures’ pensent faire du yoga alors qu’en fait, non. Merci Kara-Leah et Klara, je me sens moins seule.

tumblr_np43gxZQoR1st541go1_1280
Image : gracemctrace

« Beaucoup de gens font des postures de yoga à l’heure actuelle, mais il y a beaucoup moins de personnes qui pratiquent le yoga. Les postures sont partout (sur Instagram, Facebook, Twitter, Pinterest, dans les publicités, les magazines, les cours de yoga, les retraites de yoga, les formations de professeur de yoga). Cependant, les postures ne constituent pas une pratique de yoga.

La pratique du yoga requiert au minimum deux éléments essentiels pour qu’elle remplisse son objectif qu’est la réalisation de soi, ou la levée du voile des illusions.

Bien entendu, tout le monde ne fait pas les postures de yoga dans le but de se réaliser. Beaucoup de gens font du yoga pour ‘obtenir’ quelque chose : de la souplesse, de la force, faire une rééducation après s’être blessé, pour se prendre son shoot de yoga, parce que c’est le truc du moment, pour les sponsors, pour avoir un partenaire sexy voire même pour la gloire. C’est bien ironique de constater que l’outil qui sert à corriger l’identification à l’égo (les postures de yoga) s’est transformé en quelque chose qui légitime une nouvelle identification à l’égo, plus forte encore, celle de Yogi. Pas dans le sens premier du terme de ‘celui qui s’est réalisé’ (ou qui est sur le chemin de la réalisation) mais ‘celui qui fait des postures de yoga’.

Mais sans deux éléments cruciaux pour accompagner la pratique de postures, on ne développera jamais une pratique de yoga, on ne dépassera pas non plus l’attachement à l’égo qui génère l’illusion et empêche la réalisation de soi. Le premier est un contenant, le second un professeur. Ces deux éléments doivent être présents parce que sans contenant le professeur est inefficace, sans le professeur un contenant ne peut pas être.

Pourquoi ces deux éléments, le contenant et le professeur sont-ils indispensables à la création d’une pratique de yoga? Parce que le vrai travail de yoga ne se révèle pas dans l’accomplissement physique des postures mais dans la compréhension du Soi par l’observation de notre relation à la posture. C’est ça la différence. On peut exécuter le Trikonasana parfait et être rempli d’orgueil (l’un des cinq Kleshas, obstacles que le mental met sur le chemin de la vérité). Sans contenant ni professeur, il est peu probable de reconnaitre la vraie teneur de son expérience, ce qui est l’une des illusions. A l’inverse, on peut avoir un Trikonasana pathétique tout en étant calme dans la posture en faisant preuve d’une présence constante. Pas d’attachement, pas d’aversion. En arriver à ce stade ne peut pas se faire sans contenant ni professeur.

Mais qu’est-ce donc qu’un contenant dans le contexte d’une pratique de yoga? Un contenant est la forme qui porte ce qui n’a pas de forme et qui nous permet d’évoluer au jour le jour, à notre gré, tout en nous maintenant régulier. Un exemple concret de contenant serait une pratique quotidienne chez soi. Quelque soient les aléas de la vie, quelque soient ses émotions, on déroule son tapis tous les jours pendant un certain laps de temps et on y fait quelque chose. Un autre exemple de contenant fort est une longue retraite d’un mois. On n’a alors pas à penser si oui ou non on déroule son tapis, on est déjà dans une forme d’immersion. Dans les deux cas, le contenant signifie que lorsqu’on se trouve face à des difficultés (ce qui est toujours le cas dans une pratique de yoga), il y a moins de chance qu’on tourne les talons et qu’on évite de faire face à cette chose qui émerge et qui demande à être libérée. C’est là le pouvoir du contenant. Il crée un espace et nous maintient régulier afin de nous permettre d’aller au bout de ce travail difficile de dissolution de l’égo.

Le contenant ne peut toutefois pas fonctionner sans un professeur. C’est le professeur qui nous observe et remarque ce qui nous entrave, ce qu’on ne lâche pas, ce que nous évitons ou ce que nous rejetons. C’est le professeur qui voit quelle relation on entretient avec les postures et quelle samskaras (croyances restrictives) donnent forme à notre pratique.

(…)

Le professeur peut ne pas être extérieur. il est possible de développer un professeur interne suffisamment fort et accomplir la tache de réalisation de soi seul. Dans ce cas, le contenant extérieur devient encore plus important. Parce que quand on travaille avec le professeur interne, on peut facilement se leurrer et s’inventer plein de raisons de ne pas pratiquer. Malgré cela, si on s’engage à entretenir une pratique quotidienne chez soi, le contenant vous maintiendra fort.

Quelque soit notre engagement vis-à-vis de notre pratique de yoga, c’est inévitable, la vie se déroule. On sera occupé, malade, débordé ou peu enclin a pratiquer. Sans un contenant fort et la conscience de l’importance de ce contenant, on arrêtera de pratiquer. Le paradoxe c’est que c’est justement dans ces moments qu’on a le plus besoin de notre pratique. Les jours où on résiste le plus au tapis de yoga sont le jours qui détiennent les clés des plus grandes révélations. Quand la vie est mouvementée on a besoin d’immobilité sur notre tapis. Quand nous nous sentons débordés, notre pratique peut nous recentrer et nous rendre forts. La mise en place du contenant nous donne de la force quand nous en manquons, nous soutient, nous encourage, nous chuchote, nous fait signe.

En même temps le contenant peut nous enfermer, nous contraindre. On peut détester l’idée de devoir faire quelque chose tous les jours, l’idée de nous engager envers quelque chose de plus grand que nous-mêmes, d’abandonner notre liberté. Mais c’est précisément cela, le voyage vers la réalisation de soi. C’est cela qui desserre les chaines de l’illusion. C’est cela qui dissout les couches factices du Soi. Et bien évidemment, cette partie de nous-mêmes menacée par la réalisation de soi (l’égo) va repousser tout ce qui peut nous mener plus loin sur le chemin de l’éveil.

S’engager a pratiquer seul quotidiennement est la première étape vers la réalisation de soi. On ne peut pas dérouler son tapis tous les jours sans faire face à ses démons, C’est impossible. Bien sûr cela implique qu’on veuille faire face a ses démons. Beaucoup d’entre nous ne le veulent pas, même s’ils pensent le contraire. Nous sommes trop occupés à nous distraire, à nous amuser, à nous éviter, à nous renier et à nous enfuir de nous-mêmes. En défendant notre droit à tout ça et en pensant pratiquer le yoga, tout ce que nous faisons c’est des postures.

Ce n’est pas un problème en soi. Si vous vous moquez de la réalisation de soi et que vous cherchiez juste à faire bien des postures, c’est un choix qui vous appartient. Faites votre tambouille, mais ne vous bercez pas d’illusions en pensant que vous pratiquez le yoga. Ce n’est pas le cas, Vous faites des formes avec votre corps. C’est un choix qui vous appartient aussi. Amusant non?

(…)

Quand vous commencez à être à l’aise avec la création et le suivi des contenants, envisagez l’étape suivante. Choisissez une pratique particulière que vous faites tous les jours. Ancrez ça et ajoutez une autre dimension. Faites cette pratique particulière à une heure particulière. Observez votre relation à ce contenant, parce que l’observation de Soi c’est le yoga. Que fait votre mental? Quelles pensées vous ont traversé? Quelles émotions? Qu’est-ce que vous ne lâchez pas? Qu’est-ce que vous rejetez?

Trouvez un super professeur externe avec qui vous pouvez travailler régulièrement et engagez-vous à pratiquer avec lui. Faites une retraite avec lui. Assistez à ses cours toutes les semaines et posez-lui des questions sur votre pratique après le cours. Puis écoutez ses conseils et appliquez-les.

Maintenant vous avez une pratique de yoga. »