DE L’ARGENT VOLÉ, LE YOGA, UN DISPENSAIRE ET LA QUÊTE DE SENS

Le stage d’auto-pratique en ashtanga yoga se finit et ce fut une belle expérience d’enseignement. Je vous en parle dans cet article, mais j’aimerais avant toute chose vous parler de mon voyage à Rome en juin dernier.

J’accompagnais Simona au festival de yoga de Rome. Simona fait fabriquer et revend du matériel de yoga et des t-shirts. Sa marque : Yog-in. Yog-in se positionne sur le beau et l’éthique, ainsi 10% du prix d’un tapis Yog-in sont reversés à une association caritative : France Inde Karnataka (FIK). Cette association est née sous l’impulsion de Shri Mahesh Ghatradyal. Ce monsieur était un pratiquant de yoga, un champion sportif et un médecin qui a exercé en France dans les années 60. Il est originaire d’une zone rurale de l’Inde en plein Karnataka et son association a pour but de financer un hôpital de campagne pour prodiguer des soins médicaux gratuits à la population locale. Si Bangalore, capitale de l’état du Karnataka, est le centre de la haute technologie indienne, les campagnes restent déshéritées et oubliées des pouvoirs publics. Bref, Yog-in s’est associé avec FIK pour que le dispensaire d’Halligudi puisse exister et se développer. L’infrastructure de base est là mais des aménagements restent nécessaires pour la production d’électricité, l’accès  à l’eau potable et le transport des malades.

Revenons à Rome. Après une journée bien remplie au festival de yoga, Simona et moi allons diner dans Rome dans le quartier de Trastevere. A la fin du diner, les personnes assises à la table à côté de la nôtre font remarquer à Simona une pochette par terre au pied de sa chaise. Surprise, Simona ramasse la pochette et constate avec stupeur que la pochette qui contenait la recette de la vente de tapis des 3 derniers jours est vide. Nous n’avions rien remarqué de suspect de tout le repas, nous n’avions même pas réalisé que quelqu’un s’était glissé à proximité de nous pour fouiller son sac. Voilà donc Yog-in et FIK lésés. Nous étions toutes les deux sous le choc. Je me suis demandé ce que ce coup du destin était censé signifier.

De retour à Paris. J’ai animé en juillet un stage de 10 sessions d’auto-pratique d’ashtanga yoga. C’était un pari risqué pour deux raisons. Paris se dépeuple en juillet-août et le stage est exigeant : les sessions d’1h30 commencent entre 6h30 et 7h30 du matin deux fois par semaine. Un rythme pas facile à tenir. Finalement, 12 personnes sont venues et tous les participants ont pratiqué avec ferveur et enthousiasme.

Ce groupe de pratique m’a beaucoup inspirée. Oui, parce qu’on envisage un prof comme étant la source d’inspiration pour ses élèves mais on ne soupçonne pas vraiment le fait que les élèves puissent inspirer leur prof. Et pourtant ça marche dans les deux sens. Je suis admirative de la diligence et l’énergie que les gens ont consacré à ce stage. Même dans les jours ou passages difficiles.

Dans un tout autre contexte, je renseigne une personne sur le ashtanga yoga et la pratique traditionnelle en auto-pratique, j’en viens à mentionner la ville berceau du ashtanga yoga, Mysore, ville située dans le Karnataka.

Karnataka! La boucle est bouclée. Si cette pratique de yoga issue du Karnataka a donné tant de sens à ce stage, toutes ces belles suryanamaskaras, asanas et respirations déployées pendant un mois doivent avoir un sens. J’ai donc reversé une petite partie de la recette du stage à Simona pour l’association FIK.

Alors, Valentine, Anne, Aurore, Samuel, Grégory, Florence, Pamela, Jean-Baptiste, Christelle P, Christelle G, Deborah et Corinne, je tenais à vous faire savoir que vos efforts ont eu du sens pour vous mais pour d’autres aussi. Merci à vous.

YOGA ENERGY ACTIVISM

ganesh

22 avril, journée de la Terre. Les débats sur les lois à adopter pour la préservation de l’environnement m’agacent. Nous nous voilons tous la face en attendant des politiciens ou des entreprises une impulsion pour changer les choses. Il est trop tard pour débattre, il faut agir et c’est de notre ressort de changer nos habitudes et de ne plus considérer ces enjeux comme des trucs de bab. Ce n’est d’ailleurs pas non plus le fait de fabriquer soi-même sa lessive ou de se laisser pousser la barbe au menton – ou ailleurs – qui va changer les choses.

Si on s’accorde un moment pour réfléchir, tous les dérèglements environnementaux tournent autour de déséquilibres dans la gestion de l’énergie dans son sens le plus large. Il est question d’en générer, de l’utiliser et de se réapproprier des déchets. Je me rappelle avoir lu un roman épistolaire il y a quelques années : Mille femmes blanches de Jim Fergus (ISBN 978-2266110785) et aussi un témoignage qui retrace l’histoire des Apaches : Pleure, Géronimo par Forrest Carter, lui même Indien Cherokee (ISBN 978-2070401420). Dans ces deux livres il y a beaucoup d’allusions au style de vie des Blancs (on devrait aujourd’hui parler des Occidentaux) vu par les Indiens et je me rappelle plus particulièrement des propos relatés d’un chef de tribu qui affirme que l’Homme blanc mourra inexorablement enterré sous les déchets qu’il produit… Et ces propos ont été tenus à la fin du 19e siècle!

Les nouveaux grands acteurs de l’économie mondiale que sont l’Inde, la Chine ou le Brésil tendent à adopter nos modes de vie parce qu’ils sont associés à la performance technologique et donc à la toute puissance économique alors qu’en fait nous étouffons sous nos montagnes d’ordures et que la salubrité de l’eau, de l’air et de nos aliments est sérieusement remise en cause régulièrement. Back to basics! Alors je crois qu’il est de notre devoir, pour nous-mêmes et pour ceux qui nous considèrent comme des modèles à suivre (soupir) de changer nos modes de fonctionnement.

Je ne suis pas en train de prôner la vie sous le tipi, ni le chamanisme, mais le bon sens. Les gadgets bio ne vont pas faire de grandes différences, surtout que le « bio » est devenu un argument de vente fallacieux qu’on achète (quand on en a les moyens) pour se donner bonne conscience. Par contre, revoir nos habitudes – à la maison, à l’école ou au travail – quant à l’utilisation de l’eau, de l’électricité, des moyens de transport et à nos comportements d’achat – tous nos achats : de la nourriture, aux biens d’équipement, aux services bancaires –  peut faire une différence. C’est en étant à la fois regardants et exigeants au quotidien que nous contraindrons, par nos choix, les entreprises à changer. Marketing oblige.

Et par énergie, je parle aussi de notre rapport à nous-mêmes, il est aussi question de diriger notre énergie vers un mieux-être … bon d’accord, j’en reviens au yoga. Mais tout ce que j’ai évoqué précédemment tient du yoga. Et tout comme le yoga, ça n’est pas facile, il faut être actifs dans nos démarches pour sortir de nos habitudes illusoires. Bon je sais, cette citation de Ghandi est déclinée à toutes les sauces mais tant pis, je la rappelle quand même : « Soyez le changement que vous voulez voir dans le monde ».

Du 22 avril ou du 21 juin au 21 septembre, Shiva Rea propose que chacun s’engage dans sa vie de tous les jours à envisager d’autres manières d’être. Je vous laisse découvrir sa vidéo (en anglais):

ps : au risque de vous paraître farfelue, j’ai illustré cet article avec la photo du Ganesh que j’ai collé sur mon agenda. En réfléchissant à ce que j’écrivais, mon regard s’est posé sur ce qu’un rayon de soleil éclairait : ce Ganesh. Je me suis dit que c’était un signe : Ganesh est le dieu Hindou qui symbolise l’invocation à la force de surmonter les obstacles. Entreprendre une action juste est une première étape pour surmonter les problèmes non?