L’INSOUTENABLE LEGERETE DU PERSONAL BRANDING

Le marketing de soi devient, par le caractère invasif des réseaux sociaux, un exercice presque incontournable quelque soient les cercles dans lesquels on évolue.

On peut toutefois se demander si l’exercice est aussi neuf qu’il en a l’air ; le cirque social existe depuis toujours si on y réfléchit bien. Les technologies de l’information et des communications n’ont fait qu’élargir les tribunes de spectateurs et ont défini de nouvelles manières de se mettre en scène aux yeux des autres en suivant les codes de notre époque.

Cette réflexion m’est venue en repensant à un passage de L’insoutenable légèreté de l’être de Kundera. Ce bouquin est un classique dont je connaissais le titre et l’auteur sans l’avoir jamais lu. Jusqu’à ce que je tombe dessus sur les étagères de la bibliothèque d’une bonne copine il y a quelques années.

Voici donc ce passage que je trouve résolument moderne. Il expose deux visions contraires de la place de l’authenticité et de l’intimité en public. De quoi nuancer ce qu’on appelle le souci de « vivre dans la vérité » sur son insta ou ailleurs.

Pour Sabina, vivre dans la vérité, ne mentir ni à soi-même ni aux autres, ce n’est possible qu’à la condition de vivre sans public. Des lors qu’il y a un témoin à nos actes, nous nous adaptons bon gré mal gré aux yeux qui nous observent, et plus rien de ce que nous faisons n’est vrai. Avoir un public, penser à un public, c’est vivre dans le mensonge Sabina méprise la littérature où l’auteur révèle toute son intimité, et aussi celle de ses amis. Qui perd son intimité a tout perdu, pense Sabina. Et celui qui y renonce de plein gré est un monstre. Aussi Sabina ne souffre-t-elle pas d’avoir à cacher son amour. Au contraire, c’est le seul moyen pour elle de vivre « dans la vérité ».
Franz, quant à lui, est certain que dans la séparation de la vie en domaine privé et domaine public se trouve la source de tout mensonge : on est un autre en privé et un autre en public. Pour Franz, « vivre dans la vérité », c’est abolir la barrière entre le privé et le public. Il cite volontiers la phrase d’André Breton qui disait qu’il aurait voulu vivre « dans une maison de verre » où rien n’est un secret et qui est ouverte à tous les regards. – Extrait de L’insoutenable légèreté de l’être – Milan Kundera

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Laurence Gay View All →

Quand ton lifestyle de yoga n’attire pas les like mais que tu crois que la vérité est ailleurs, forcément, tu nuances beaucoup de choses dans ta vie. Y compris la quête d’entièreté. J’accompagne d’autres gens imparfaits dans du coaching en yoga depuis 2004 et je partage également des posts et des podcasts sur le blog.

1 commentaire Laisser un commentaire

  1. Bonjour Laurence . Depuis que j’ai entendu dire par Zuckerberg que à cause des réseaux (a)sociaux la vie privée n’existait plus , je me fais un malin plaisir à essayer , avec mes modestes moyens , de contrer cette affirmation . Mon cheval de bataille convaincre par mes différents réseaux sociaux les parents de ne plus publier les photos de leurs enfants . Les enfants n’ont pas à servir d’ appât .
    Merci pour ce beau partage littéraire .
    Aspieyogamomandcoach

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