RAMURE ET BRANCHAGE

Cerf/Frec de Luc Dubost, Marseille

Depuis le milieu de la semaine dernière, suis toute en tensions. Certains de mes muscles se raidissent le matin et mon attention se tend aussi telle la corde d’un arc. Pas au point de rompre, mais plutôt comme sur le point de bondir. Je ne sais pourtant pas ce à quoi je suis prête, mais prête je suis!

J’observe aussi ma grande impatience pour les petites choses du quotidien : de l’ordi qui met du temps à s’allumer en passant par la personne qui ne trouve pas ses mots pour exprimer quelque chose ou la réponse à une démarche administrative qui n’arrive pas mais dont les accusés de réception automatiques ne manquent pas de me rappeler que ma requête a été transmise au département concerné.

Malgré tout cela, je suis d’humeur placide. Sentiment étrange. je ne peux pas mettre dessus le mot plénitude ou relaxation. Du tout. Si je devais le décrire, je dirais qu’il s’apparente au sentiment d’avoir trouvé sa place. Dans cette pandémie-crise, j’ai l’impression de déceler des repères que je ne peux décrire et que je qualifierais donc d’invisibles, mais directeurs tout de même. Un peu comme un tuteur attaché à une tige.

Pourquoi je te raconte ça? Ce matin, j’ai fait une balade, nez masqué au mistral. Les rafales atteignaient de telles pointes que le parc où j’avais gambadé a fermé ses portes peu de temps après que j’y suis rentrée. Sur le chemin du retour, je m’arrête admirer une sculpture discrètement placée à l’entrée du Sofitel de Marseille. On dit qu’on ne se baigne jamais deux fois dans la même rivière ; je crois qu’on ne pose jamais deux fois le même regard sur une œuvre d’art. J’adore cette sculpture et l’ai déjà prise en photo plusieurs fois. Cette fois, ce qui m’a frappée c’est la stabilité de la sculpture et de l’arbre voisin malgré la force du vent et l’interchangeabilité des pieds-racines avec la ramure-branchage. Et voilà ce que ce Cerf/Frec (c’est le nom de cette sculpture) voulait que je t’écrive : les mots inspirent, certes, mais ce sont les agissements qui créent le changement.

A la lumière de cette sculpture, j’ai compris mon impatience et cette concentration exacerbée. Même si beaucoup des variables de nos équations de vie se sont transformées et que c’est perturbant, la stupeur ne me semble plus de mise. Il me semble urgent de créer, de composer et de faire. Quel que soit le domaine de ta vie vers lequel tu souhaites te tourner, retrousse tes manches, mets les mains dans la glaise et façonne ces idées et envies qui végètent en toi depuis bien longtemps. Je me le suis dit à moi-même ; je te le dis à toi aussi.

4 réflexions sur « RAMURE ET BRANCHAGE »

  1. Bonjour Laurence
    Merci pour ce bel article ce beau partage cette photo est superbe elle en dit tellement pas besoin de mots juste à regarder à contempler
    Et merci pour cet encouragement de faire ce dont on a envie de se donner l’énergie la force de le faire
    belle journée à Marseille
    Amitié
    Jacqueline

  2. Bonjour Laurence,
    Je découvre votre blog, vous nous donnez de la force et de la joie et, de surcroit, c’est poétique.
    Vous vous exprimez magnifiquement bien, je n’ai malheureusement pas ce don mais j’ai le plaisir de le découvrir à travers de belles personnes comme vous.
    Je vous connais grâce au yoga, je vous souhaite une merveilleuse journée.
    Cordialement,
    Sarite

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.