[En +] YOUTUBE, YOGA, DONNEES PERSONNELLES : MUTATION ANNONCEE

Influenceur yoga : professeur ou créateur de contenu sur YouTube?

Monétiser des vidéos en ligne serait-il essentiel pour un prof de yoga ou est-ce en passe de le devenir? Je pense que oui. Quand la salle de classe est en ligne et en self-service, il est important toutefois de comprendre les enjeux du travail du créateur de contenu qu’on est alors devenu. Qui décide du contenu des cours? Quelles sont les intentions cachées et les intentions véritables des offres de vidéos ? Le succès de la chaine YouTube Yoga with Adriene nous donne des pistes pour comprendre.

A quoi servent les vidéos de yoga?

Tourner des vidéos de yoga est un exercice auquel je m’étais frottée il y a 10 ans pour les précurseurs des cours de sport en ligne en France. Je m’étais aussi essayé aux cours en streaming depuis mon salon en 2015. Mes conclusions : ce n’est pas un métier pour moi! Je trouve qu’en plus des contraintes techniques propres au tournage, faire passer un message par caméras interposées est un exercice difficile. Plus difficile qu’en réalité.

La période que nous traversons nous demande de faire preuve d’adaptation, j’ai donc remis ça en tournant des mini-vidéos avec les moyens du bord pendant le confinement. Comme pas mal de profs de yoga, j’ai ainsi publié ces vidéos d’exercices sur Internet au printemps dernier. Ce n’est pas parti de l’intention de « casser internet ». Expression qui m’a toujours fait rire. Elle est la traduction de « breaking the Internet » qui signifiait à l’origine qu’Internet pouvait être « cassé » et ne plus fonctionner mais qui a pris un sens nouveau plus récemment, celui de monopoliser toutes les conversations sur Internet en faisant de l’ombre à des sujets d’infos plus substantiels. Madame Kardashian sait y faire dans le domaine. Moi, non.

Mon intention donc était de donner à des débutants des clés simples pour être autonomes dans leurs pratiques. Je savais que ça ne ferait pas le buzz, mais que ça rendrait un réel service à une poignée de personnes, c’était ma seule ambition. Quelle manque d’allant! vous allez me dire. Absolument, vous répondrai-je.

L’engouement pour les cours en ligne donne l’impression à certains coaches ou professeurs que les vidéos sont des moyens simples de compenser l’absence de cours grandeur nature. Dans la réalité, le virtuel c’est tout sauf simple. Mon opinion est que créer et publier des vidéos de cours sur le Net est surtout un travail de créateur de contenu et que l’écosystème virtuel dans lequel ce contenu va chercher à se distinguer répond à des règles particulières dont il faut prendre conscience.

Un article de Vox écrit par Stephie Grob Plante met en lumière la chaine YouTube Yoga with Adriene et expose son modèle économique. L’idée de créer cette chaine YouTube est celle de Chris Sharpe qui, fort de son expérience avec la chaine culinaire de sa compagne (Hilah Cooking), a eu envie de lancer un projet similaire, axé bien-être. Sur un plateau de tournage de film, il rencontre une comédienne férue de yoga : Adriene Mishler. Ils décident de s’associer.

Leur but est de générer un revenu confortable pour l’un et l’autre avec une chaine de yoga gratuite. Il n’y a aucun contresens dans ce que je viens d’écrire, lisez plutôt la suite.

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Laurence Gay View All →

Quand ton lifestyle de yoga n’attire pas les like mais que tu crois que la vérité est ailleurs, forcément, tu nuances beaucoup de choses dans ta vie. Y compris la quête d’entièreté. J’accompagne d’autres gens imparfaits dans du coaching en yoga depuis 2004 et je partage également des posts et des podcasts sur le blog.

4 commentaires Laisser un commentaire

  1. Bonjour, je lis toujours vos articles avec intérêt. Le problème majeur avec Adrienne ou autre du même genre, c’est d’abord la durée du cours. Je fais partie des privilégiés qui ont la chance que leur prof fasse des cours de souvent quasiment 2 h. Nous avons tous soit des problèmes de santé, soit des jobs difficiles (beaucoup de soignants notamment). Le temps du cours est pour nous comme une partie de médecine integrative. Nos profs font tout : pranayama, récitation de mantras, bhakti pour certains, relaxation, asanas avec des intermédiaires pour chacun, philosophie et lectures,…. En presentiel, comme on dit maintenant ou sur internet. Le gros risque d’internet, dans notre groupe, c’est que se remarque la différence de niveau d’engagement dans la pratique, les plus mal a l’aise avec leurs corps y voit une solution, certains parlent plus, on y voit la solitude et le malheur des gens, leur pudeur cachee eclate. Vaut-il mieux ne rien proposer ? Non, car, vous avez une responsabilité envers nous, c’est fort je sais, mais chez nous, nous le vivons ainsi, nous faisons communauté, sangha effective même avec ceux qui n’ en ont pas conscience. Une fracture inévitable se créé mais elle a en fait toujours été là. Certains ne reviendront pas en VRAI, les plus fragiles, les moins impliqués,… Certains profs vont disparaître. Je connais bien la psychiatrie et sa dualité interieur de l’hopital et exterieur, le reste du monde. Le confinement montre la même petite mort, le presentiel ou le virtuel. Moi, je m’eclate dans les 2 car je suis autonome et que je pratique zazen intensément. La solitude existe pas pour moi, l’écran ne fait pas écran au réel, je dois ça a mes profs. Vous êtes des veilleurs, nous avons besoin de vous. En presentiel, s’entend, bises virtuelles.

  2. Bonjour Laurence j’espère que tu vas bien; Pour mon compte je n’ai pas eu de cours de yoga depuis mars et je ne suis pas les vidéos you tube de yoga, tu vas peut-être me trouver « rétro » donc je déroule mon tapis et je fais ma pratique. Ce n’est pas forcément pratique d’être devant l’ordinateur et de pratiquer ou je ne sais pas faire ? je trouve que le yoga perd parfois son identité il y a tellement de yogas en tout genre qui naissent. Si tu peux m’éclairer un peu dans cette compréhension je te remercie d’avance

    • Jacqueline, ton commentaire ne m’était pas parvenu. Je te lis seulement maintenant. Les cours en ligne sont un complément pour certains, une alternative pour d’autres. Il n’y a aucune obligation je pense, c’est juste un support comme un autre pour suivre des exercices. Je te rejoins sur le manque de praticité, j’ai moi-même suivi une seule session en live sur internet et j’ai trouvé que chercher l’ordi du regard pour apercevoir un détail par exemple est un peu frustrant. J’ai tendance à aimer le « grandeur nature ». Pour les vidéos que tu peux revisionner à volonté, c’est autre chose, pour ma part, je visionne une première fois, prends des notes, essaye de dupliquer et visionne la vidéo une deuxième fois pour confirmer des doutes ou éclaircir des passages flous et j’ajuste mes notes. Le support écrit (ou dessiné) marche le mieux pour moi. Le flux continu des longues vidéos me saoule vite. Quant à ta remarque sur « l’identité du yoga », je crois que le yoga est pluriel depuis toujours, on se sent sans doute perdu par des appellations nouvelles qui fleurissent à tout bout de champ. Dans le lot je pense qu’il faut distinguer celles qui font référence à de nouvelles propositions enrichies par des pratiques extérieures, et celles dont les noms savamment chargés d’exotisme ou de promesse « bien-être » sont simplement prétextes à créer des effets de com. Merci encore pour tes messages sur le blog. Je te réponds tardivement mais avec beaucoup de plaisir.

  3. Bonjour,
    Au début du confinement j’étais un peu désemparé. Plus de salle, plus d’élève et cette déferlante de yoga virtuelle qui me laissait à la traîne. Après quelques jours de pratyahara, de retrait des sens pour parler francais, j’ai épluché tous les forums sur Zoom et la visioconférence, jai acheté une webcam de qualité et après trois semaines passé sur mon ordi j’ai commencé à proposer mes premiers cours en live pour mes élèves. Beaucoup n’ont pas suivi, imaginez les profs et tous ceux qui ont été mis d’office au télétravail obligés de faire encore leur cours de yoga en live le soir, pour eux c’était trop. Et puis il y avait toutes celles et ceux, puisque nous habitons à la campagne, qui n’avaient pas pu suivre faute d’une bonne connexion ! Restait les autres, une dizaine par cours au début. Mais dès les beaux jours venus et le déconfinement arrivé presque plus personnes. Ça tombait bien, c’était la fin de l’année scolaire.
    La rentrée approche, que va t’il se passer ? Difficile à dire, mais ce qui est certain c’est que je vais continuer de mon mieux à partager la richesse du yoga avec qui sera là. Ce que nous vivons avec cette crise sanitaire nous invite à l’humilité et au lâcher prise, Il y a dans la vie des choses, des événements qui nous dépassent, ce n’est jamais facile de se faire bousculer dans ses habitudes, mais c’est une belle opportunité de cultiver l’abandon, ishwara pranidhana, le denier niyama des yoga sutra de Patanjali.
    Oui certains sont mieux « armés » que d’autres pour figurer en bonne place sur la toile. Il y a toujours eu des influenceuses et des influenceurs, ainsi va le monde, mais il y a aussi toujours eu des médecins de campagne, annonyme mais au combien essentiel à la cohésion sociale.
    Dans ma petite ville de 10000 habitants avec un bassin d’environ 20000 personnes nous sommes cinq profs de yoga, pour le moment moins que de médecins, heureusement.
    Nous vivons plus ou moins bien de notre activité mais sommes très heureux-ses de la pratiquer avec ou sans Zoom, avec ou sans Youtube.

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