JE VOUS PRESENTE JASON, UN POTE YOGI

Il m’est arrivé deux fois dans ma vie de yogini de trouver ce que j’appelle ‘un pote yogi’, une personne que vous ne connaissez pas plus que ça mais aux côtés de laquelle vous aimez pratiquer parce que vous vous sentez en phase, simplement.
J’ai d’abord eu une pote yogini quand je pratiquais l’ashtanga à Dublin au début du deuxième millénaire. Nous pratiquions presque de manière synchronisée nos enchainements et en fin de pratique nous debriefions sur nos impressions post-savasana. Puis plus récemment, j’ai trouvé Jason. Je l’ai rencontré au cours de mes formations avec Shiva Rea aux Etats-Unis. Jason vit à Atlanta aux Etats-Unis, très grand et musclé, il est physiquement impressionnant. Cet ancien basketteur professionnel s’est reconverti professeur de yoga.
Si j’ai plaisir à pratiquer à ses côtés, ce n’est ni pour son physique athlétique, ni pour son beau sourire (je sais, je suis une sainte). La force de Jason n’est pas tant dans ses muscles que dans la douceur et la grâce de ses gestes. Pour moi la pratique ne ment pas sur la personnalité des gens. Pratiquer à ses côtés c’est comme être inspirée et portée par une puissante douceur, il réconforte et donne confiance. Je lui ai demandé s’il accepterait de répondre a quelques questions pour mon blog. Il a dit oui. Je le remercie de tout cœur pour sa franchise, je lui ai effectivement posé une question sur sa relation de prof homme avec la gente féminine dans les cours de yoga et je ne savais pas ce qui en sortirait, sa réponse m’a plu. Je le remercie aussi de m’avoir parlé des moments de vulnérabilité qu’il a traversé et j’espère que les propos de Jason résonneront aux oreilles de ces messieurs qui se tâtent encore pour le yoga.
N’attendons plus, venez, je vous présente Jason, vous verrez, je ne me suis pas trompée.
Moi : Quand as-tu commencé le yoga?
Jason : J’ai commencé à pratiquer en 2006 et à enseigner en 2008.
Moi : Où était-ce?
Jason : J’ai commencé ce voyage à Lisbonne au Portugal en lisant des textes philosophiques sur le yoga égyptien qui traitaient de Savasana et de Yoga Nidra. A mon retour aux Etats-Unis, j’ai commencé à pratiquer les asanas au studio Atlanta Hot Yoga. Ils ne sont pas spécialisés dans le yoga bikram, ils offrent pléthore de styles.
Moi : Vers quel style de yoga t’es-tu orienté?
Jason : Vinyasa flow.
Moi : Comment ça s’est passé?
Jason : Ce fut une expérience très marquante dans ma vie. Côté asana, ça n’était pas trop ça, mais le défi posé et le message sont vraiment ce qui m’a fait vibrer. Aucun esprit de compétition ni avec les autres, ni avec un facteur externe, ça c’était vraiment rafraîchissant pour moi. Et aussi réaliser que mon pire ennemi c’était moi. Mais ça je l’ai compris plus tard.
Moi : On dit souvent que ce n’est pas le yoga qui vient à toi, mais toi qui viens au yoga. Quel a été le déclencheur chez toi?
Jason : Mon déclencheur a été quand mes performances ont sérieusement baissé professionnellement. J’étais sur le point d’être sans contrat pendant 4 mois après avoir fini avec le Club Trouville de basket-ball d’Uruguay. J’étais déboussolé, j’avais perdu confiance en moi, je me sentais isolé et affecté par le contexte. Tout ça à cause de mon chaos intérieur. Il fallait que je me ressaisisse. Puis mon agent a saisi cette opportunité avec l’Atlético Clube de basket-ball du Portugal pour les deux derniers mois de la saison. C’était ma dernière chance. Avant mon départ, un ami, Kim, me donne sans aucune raison particulière ces livres sur le yoga égyptien. Grâce a ces lectures, je me suis davantage discipliné concernant l’alimentation et le sommeil et j’ai fait une croix sur l’alcool, les joints et les sorties. Gérer ma carrière en vrai pro.
Moi : Qu’est-ce qui t’a conduit au yoga?
Jason : A la fin de la saison, je me suis fait des déchirures musculaires et notre entraineur Hugo Sousa a suggéré que je pratique un peu de yoga. Il ne savait pas que j’avais déjà des livres de yoga avec moi, il m’a donné le livre ‘Yoga pour les nuls’. Je pratiquais chez moi chaque matin. A mon retour aux Etats-Unis, j’ai pratiqué dans un studio de yoga. Mon premier professeur s’appelle Meredith Hesse. Maintenant nous enseignons tous les deux au meme endroit [Atlanta Hot Yoga].
Moi : Tu étais donc basketteur professionnel.
Jason : Oui. J’ai joué pour l’Université de Floride. J’ai même fait partie du Final Four. Puis j’ai poursuivi pendant 8 saisons avec une carrière professionnelle à l’étranger : en Europe, en Amérique du Sud et en Australie avec la FIBA league.
Moi : Est-ce que le yoga a joué un rôle dans ton entrainement de basket, que ce soit sur le plan physique ou mental? Tu peux nous expliquer en quoi?
Jason : Le yoga a joué un rôle important tant sur le plan mental que physique. Bien que très physique, le basket est ultimement un sport de fluidité et de grâce, de puissance fluide. Le style de yoga ‘vinyasa flow’ était et est toujours mon jeu sur le tapis. Je dispute un match sur mon tapis de yoga avec mes cycles respiratoires et je lui donne forme par mon corps et mon esprit.
Physiquement, le yoga m’a donné accès à un plus grand registre de mouvements, à des mouvements fluides, à la stabilité et aussi accès à une vraie puissance quand mon corps est en extension.
Le mouvement fluide dépasse le domaine corporel mais disons que ça a l’avantage de réduire les mouvements inutiles et de rendre les gestes précis. L’utilisation des bandhas m’aide a rester en contact avec mon centre de gravité, surtout dans les moments ou j’absorbe le contact.
En grandissant dans ma pratique et dans mon enseignement j’ai pris conscience de cette trinité dans laquelle la terre et le ciel se rencontrent pour faire naitre le centre de gravité dans les asanas.
Mentalement, en restant conscient du jeu de ma respiration alors que d’autres objets se manifestent, j’ai développé ma force de concentration. Faire barrage à la foule : ma vie personnelle ou ma peur de l’avenir. Tout est dans l’instant et le fait d’en avoir conscience.
Spirituellement, la fluidité du flot de la respiration et du flot des mouvements m’a appris à ne pas hésiter, à me laisser porter par l’expression sous-jacente sans être intimidé. Le rythme calme et gracieux du souffle calme le jeu pour créer l’espace nécessaire a un état de conscience supérieur. Ma vision est devenue plus perçante et le yoga m’a rendu plus sensible. Auparavant j’aurais réagi désespérément, au bord de la panique, insensible aux informations que je recevais. La pratique dynamique des asanas m’a appris à m’affirmer en minimisant l’effort et en restant stoïque. Les asanas travaillés statiquement m’ont appris à tempérer, à m’abandonner, voire même à me réjouir pour quelqu’un ou quelque chose. La pratique est tellement belle.
Moi : On parle du yoga comme un acte de transformation profonde. Qu’est-ce que le yoga a profondément changé en toi?
Jason : Pour moi le changement le plus profond aura été de devenir responsable de ce que je ressens et de ce que je perçois. De ne pas chercher a jeter le blâme sur qui que ce soit ou quoi que ce soit, ne pas non plus attendre que les solutions ou les réponses me viennent de l’extérieur. Quand il m’arrive d’être déconnecté du flot, de me sentir stagnant, je me focalise sur la relation du prana-apana et j’observe le comment et le pourquoi de ce que je ressens ou de ce que je pense, organiquement, sans réagir. Jusqu’à que je sente le moment ou ça doit se dissoudre. Au résultat, je me sens plus fort.
Moi : Pourquoi avoir choisi de devenir professeur de yoga?
Jason : Parce que j’ai ressenti le besoin d’approfondir ma pratique personnelle. J’ai pris ma retraite en tant que basketteur et j’ai suivi une formation de professeur de yoga avec Bethany Vaughn en 2006. Le yoga est devenu un mode de vie, sur le tapis, en dehors du tapis et dans la salle de yoga. Une immersion quotidienne. J’ai cherché toute ma vie quelque chose qui était déjà en moi, et grâce a ma carrière dans le basket, je l’ai trouvé. Je joue toujours grâce au yoga, mon expérience du basket de haut niveau me sert puisque j’enseigne à des athlètes. Nous sommes tous des athlètes de la vie, certains d’entre nous sont des athlètes sportifs également. J’enseigne le yoga a l’équipe de NBA d’Atlanta (The Atlanta Hawks) et aussi à une équipe de lycée qui se distingue au niveau national, The Wheeler High School Wildcats. Mon voyage a pris tout son sens. Je développe cette idée de Yoga ‘Calmtivity’ (calm + activity) avec un nombre croissant d’athlètes.
Moi : En Occident, les cours de yoga sont remplis de femmes. Dans ce contexte, qu’est-ce que ça te fait de pratiquer et d’enseigner le yoga?
Jason : LOL. J’adore. Quand j’ai commencé à enseigner, j’étais aux anges puis ça m’a vite saoulé. Je ne voulais pas qu’on pense que j’étais juste là pour les filles. Je veux qu’on prenne mon travail d’enseignant au sérieux. J’avais l’impression qu’on m’observait constamment pour voir avec qui je parlais ou avec qui j’avais des atomes crochus. J’ai alors décidé de me montrer distant tout en restant disponible en tant que prof. Je ne sympathisais avec personne en particulier et mes relations s’en tenaient à une relation prof-élève. Jusqu’au jour où ça aussi ça m’a saoulé. Je me suis libéré de ces chaines et j’ai suivi mon cœur par respect pour moi-même et pour les gens de mon entourage. J’avoue que c’est difficile certaines fois parce que je suis physiquement attiré par certaines de mes élèves, mais je respecte trop la pratique et mon métier pour me mettre dans une situation compromettante. Garudasana m’aide à contrôler tout ça. Vraiment.
Moi : Sur les réseaux sociaux tu postes de magnifiques photos d’asanas. Tu veux bien sélectionner tes trois préférées et me dire pourquoi tu les aimes, ce qu’elles représentent dans ta pratique personnelle et dans ton enseignement?
Jason :
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Ardha Matsyendrasana

Cette asana préserve la jeunesse de la colonne vertébrale. La jeunesse n’est pas une question d’age mais de fluidité, de souplesse et d’élasticité dans la colonne vertébrale.

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Ce genre de postures d’équilibre sur les mains fait fusionner la conscience animale et humaine en nous. Elles nous permettent de voir la fonction des pieds dans nos mains, la fonction des jambes dans nos bras, la fonction des genoux dans nos coudes, la fonction de nos hanches dans nos épaules, et vice versa. Il n’y a plus de discrimination et ultimement, il n y a qu’être.

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Parivritta Parsvottonasana Variation

C’est le summum de la conscience globale. La paume gauche s’appuie depuis le torse et l’omoplate à gauche ; le pied droit s’appuie en direction des orteils en même temps que le talon gauche pousse ; le bout des doigts de la main droite s’étire à contre sens du talon ; le côté droit du torse s’ouvre vers la lumière. L’activation des quatre coins de terre met en lumière et active la conscience globale.

Si vous souhaitez en savoir plus sur Jason, je vous conseille son site, sa page Facebook et une parution du Yoga Journal au sujet de son coaching yoga avec les Atlanta Hawks.
Namasté Jason!

JE VOUS PRESENTE JASON, UN POTE YOGI

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