LOVE IS THE ANSWER

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J’ai vu le mur de Berlin tomber aux informations à la télé alors que j’étais lycéenne. Je me rappelle ma stupéfaction devant les images. Je réalisais alors que l’Histoire n’est pas un ensemble de récits horodatés sélectionnés par des spécialistes pour être imprimés dans des livres scolaires mais bien le fruit d’agissements humains. Je me rappelle clairement ce que j’ai ressenti devant la chute du Mur parce que ces mêmes sensations ont refait surface le 7 janvier 2015. J’ai senti que quelque chose qui me dépassait était en train de se produire mais en même temps, que je n’étais pas étrangère au gigantisme de l’événement. D’une certaine manière, j’en faisais partie. Ce sentiment d’appartenance n’a aucune dimension politique, religieuse ou culturelle. C’est au-delà de tout cela, c’est dans mes tripes et dans mon cœur.

Le mercredi 7 janvier au soir, j’ai ressenti le besoin de me joindre au rassemblement parisien sur la Place de la République et ça m’a fait du bien au ventre et au cœur. A mon retour chez moi, je lis ce commentaire sur les réseaux sociaux : « C’est con ce besoin d’être ensemble, mais bon. » et c’est exactement ce qui m’a guidée. Ni la peur, ni le sens du devoir mais la recherche instinctive d’un sens commun, de cohésion, d’être ensemble, rassemblés physiquement dans un même lieu. Me rappeler la sensation que l’autre c’est moi. Parce que depuis un bout de temps les décharges de haine, de peur et les analyses acharnés des médias font tout pour me voler cela. On a atteint un affreux paroxysme. On a oublié que l’amour existait.

Les récupérations médiatique, politique, religieuse ou syndicaliste des tragédies des derniers jours m’exaspèrent. Personne n’a le droit de s’arroger le monopole du chagrin, de la noblesse de cœur ou de l’altruisme. Désolée, cela fait partie du patrimoine génétique mondial. Nous avons tous été ébranlés dans notre humanité, nos larmes ont le même goût.

J’ai repensé a mes cours d’Histoire. Je me rappelle aussi ce qu’on nous a souvent rabâché au sujet de la montée de l’extrémisme en Europe au milieu du siècle dernier. On nous a souvent dit : « Désabusés, les gens savaient ce qui se tramait, mais ils ont laissé faire ». C’est la raison pour laquelle, aujourd’hui le cynisme m’exaspère autant que le communautarisme. Je ne peux pas m’empêcher de penser que ce qui est arrivé est un rappel brutal de la responsabilité individuelle de chacun de nous dans l’élaboration de notre vie sociale actuelle et celle des futures générations.

Mais voilà, depuis mercredi ma tête est fatiguée de chercher le sens de tout cela, mon cœur est détrempé de décharges émotionnelles. Alors samedi dernier je suis allée danser et écouter de la musique toute la nuit. Depuis, je sature mon appartement de musique. Richard Browning a dit : « Sans amour, le monde est une tombe. » Peut-être que je chasse le macabre des jours derniers à la recherche d’une connexion à cette partie essentielle de moi qui me fait me sentir subtilement en vie et humaine. Suis trop jeune pour mourir. Le temps est peut-être venu de s’isoler du bruit médiatique. Le temps est peut-être venu de canaliser le flot des émotions. Le temps est peut-être venu de s’asseoir et d’écouter ce qui émerge de l’intérieur. Le temps est peut-être venu d’envisager sa responsabilité d’adulte dans notre société. Ma nièce va avoir un an le 27 janvier prochain. Je me sens responsable du monde dans lequel elle va grandir. Comment pourrais-je ne pas l’être? Elle s’appelle Charlie.

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