AVOIR CONFIANCE EN LA CONFIANCE

Les 3 derniers piliers, ou étapes d’accomplissement du yoga sont dharana (notre aptitude à nous concentrer sur une seule chose de manière continue), dhyana (la connexion, le dialogue soutenu entre soi et l’objet de la concentration) et enfin samadhi (l’état de fusion avec l’objet de méditation).

Le témoignage de deux acrobates du Cirque du Soleil sur la confiance m’a fait penser au principe de dhyana en yoga. Lorsque la confiance est établie, notre rapport au monde est alors détendu, cohérent et vivant. Même si ce document s’appuie sur l’expérience de deux acrobates qui ont construit une relation de confiance dans leur travail, leur réflexion a une portée bien plus grande. Je retranscris partiellement en français ce que dit le narrateur.

La confiance est une chose qui prête à confusion. Ca parait simple mais quand on essaye de déterminer clairement ce qui en ressort, ça devient complexe.

Je pense à la confiance quand mon corps s’assoit sur une surface que je ne connais pas, une surface nouvelle. Mes muscles restent tendus, dans l’expectative, et je reste obsédé par cette surface. Au fur et à mesure que le temps passe, elle me devient plus familière, je me détends et je peux m’allonger.

Pour beaucoup d’entre nous, cette tension initiale perdure tout le temps. Nous dépensons tellement d’énergie à observer, à calculer, à tenter de prévoir, à décrypter les signaux chez les gens. Prêts à ce que tout change soudainement. Prêts à être déçus. Tant d’énergie dissipée.

Alya et moi entrevoyons la confiance comme quelque chose qu’on construit. C’est une structure ou une chose. Dans cette construction il semble y avoir quelque chose ayant trait au lâcher prise. Un accès au luxe en somme. Cela nous permet d’arrêter de penser, de cesser de nous préoccuper de savoir si quelqu’un est là pour nous rattraper si on tombe, de ne plus évaluer encore et encore les incohérences, de ne plus se demander comment les gens se comportent lorsqu’ils ne sont plus en notre présence. Cela nous permet de lâcher une partie de notre esprit pour nous concentrer sur ce qui est devant nous.

Et c’est pour cela que c’est un drame quand notre confiance est trahie. Une trahison nous fait invariablement penser à toutes les autres trahisons qui nous attendent, à tout ce que nous n’avons pas su anticiper, aux gens sur lesquels on peut vraiment compter. Et nous nous contractons. Et dans le pire des cas nous décidons de ne plus faire confiance à qui que ce soit. Mais ça ne marche pas vraiment.

La confiance est une relation à l’inconnu, inconnu sur lequel nous n’avons aucun contrôle. Et nous ne pouvons pas tout contrôler. Ce n’est pas non plus du tout ou rien, c’est un apprentissage long et soutenu de la capacité du monde. Ça vaut le coup de s’accrocher. Ce n’est pas facile. Alya dit que la confiance est comme un embranchement. il n’y a pas un chemin mais plusieurs. Physique, émotionnel et peut-être aussi autre chose. J’imagine la confiance comme des mains invisibles que nous avançons dans le monde à la recherche de quelqu’un à qui s’accrocher pour parcourir le chemin vers le futur inconnu.

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