MAUD FAIT DU YOGA

Maud

Je vous livre tout ce que Maud m’a confié. Parce que qu’est-ce qu’elle s’est confiée! D’ailleurs, la trame de mes questions s’est noyée dans son histoire. Vous verrez, son parcours est fascinant, « un truc de ouf », comme elle aime à dire!

A l’époque je vivais à New York, je faisais beaucoup de boxe, j’étais en mode samouraï à mort, et je bossais dans une créperie pour l’été, et je me faisais pas mal chier, donc quand je rencontre cette prof de yoga, une espèce de babacool australienne, avec un accent de taré, toute ‘nice’ avec ses dreads et ses sarouels, elle m’a plu, elle m’a inspirée.

Ses impressions après ses tout premiers cours

C’était un truc de ouf, elle avait un vieux ghetto blaster tout pourri, et elle mettait de la musique indienne et elle parlait tout doucement. C’était tout doux, la musique, les poses, la relaxe. Il faut dire qu’on était dans un espèce de sous-sol infâme dans un gymnase qui puait des pieds, donc fallait vraiment de grandes capacités d’abstraction. Bref, je sais pas, j’y allais sans aucun a priori, sans aucun préjugé, j’étais total dispo.

Toujours est-il que fin du TOUT PREMIER cours, relaxe guidée genre « vous vous sentez fondre dans le sol », et là, expérience incroyable : mes pensées qui s’enroulent, tranquilles, et tout d’un coup qui accélèrent, à mort, et qui s’arrêtent brutalement, et là, LUMIÈRE BLANCHE !! Sur le coup j’ai flippé je me suis dit : « Attends la lumière blanche c’est quand on est mort non ? » Du coup je me suis secouée pour me réveiller, mais je planais complètement ! Je suis allée voir la prof et lui ai raconté, et elle m’a dit que c’était une image du nirvana, un truc que tous les yogis rêvent d’atteindre dans leur vie, que je bénéficiais de la chance du débutant. Évidemment depuis je n’ai jamais pu retrouver cet éblouissement premier, mais je me suis souvent remise à léviter. Si l’anecdote m’a convaincue de continuer (genre : c’est mon destin puisque j’ai été « illuminée ») j’ai pas enchaîné direct, parce que j’étais un peu amoureuse de mon maître en kick boxing à l’époque et je m’entraînais genre 4 ou 5 fois par semaine.

Jacob, le petit garçon de Maud. À 2 ans et il s’essaye avec brio à la posture de l’arbre!

C’est une fois de retour à Paris que j’ai repris, un peu par dépit, de ne pas retrouver ce que j’avais connu dans mon école de boxe là-bas (une vraie école à l’ancienne, avec un maître et des disciples, et un local dont on s’occupait et tout). C’est un ami, qui en faisait depuis très longtemps, qui m’a recommandé auprès de ses profs qui tenaient une école quasi secrète au fond d’un appart bourgeois du 7ème arrondissement, et qui enseignaient le yoga « traditionnel », genre hatha, très lent, avec méditation, exercices respiratoires, et le bol tibétain magique qui fait totalement tripper. J’étais pauvre, alors je ne faisais que deux fois par semaine. Et puis ils ont fermé pour aller s’exiler à la campagne, et je me suis retrouvée fort dépourvue, et j’ai frappé à la porte de la fédération française de yoga, et là c’était plus abordable, mais vachement moins deep. Des séances identiques, avec une prof absente, en mode automatique, et des gens un peu farouches. Comme j’étais quand même accro, je faisais 2 ou 3 cours par semaine.

Et puis, j’ai su que j’attendais un enfant j’ai cherché du yoga femme enceinte (parce qu’à la fédé, on m’a dit que « fallait p’têt se calmer »). On m’a recommandé une nana, qui était très chouette, et qui nous faisait faire des exercices très efficaces, mais qui voulait vraiment vivre l’expérience de la grossesse en live avec ses élèves. Chaque séance commençait par un moment d’ échanges autour de nos petites contrariétés. Ambiance gynécée survoltée, avec un taux d’hormones au max, et des hysteros complètement décomplexées, et là j’ai un peu craqué, surtout le jour où une espèce d’allumée à grande natte, qui se prenait pour Pocahontas, a dit « je me sens toute gonflée, tout le bas de mon corps a enflé :  mes mollets, mes cuisses, mes lèvres », et où j’ai eu envie de hurler « TOO MUCH INFORMATION » ! Du coup j’ai essayé d’arriver en retard pour rater les discours, et j’ai tenu bon, et Pocahontas est partie accoucher sur une peau de bête.
Ensuite j’ai repris avec la prof de cette prof, qui faisait pareil, mais pour les pas enceintes, et sans les discours, et qui fait des stages les dimanches, et que j’aime bien. Mais bon elle a une technique très rodée, fait un peu toujours pareil, et puis rigole pas des masses. Bref, Laurence, heureusement que tu existes !

D’après elle, quelles sont les idées fausses qu’on se fait du yoga?
“Que c’est une secte, que c’est snob, que c’est pour les geeks. ”

Quels aspects de la pratique du yoga ne soupçonnait-elle pas avant de commencer?
“Que c’est branchouille !”

Elle pratique maintenant depuis 8 ans et s’est essayée à plusieurs styles (hatha, ashtanga et yoga prénatal).

 

MAUD FAIT DU YOGA

4 réflexions sur “MAUD FAIT DU YOGA

  1. J’adore! Très chouette article, j’aime énormément la façon d’écrire ou de parler de Maud, on est tout de suite dans le bain et on imagine très bien les scènes (« too much information » ah ah…! Tellement ça!)

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