CONTE DES SABLES

Dans un petit livre sur les sagesses orientales, je suis tombée sous le charme de ce conte soufi. On dit du soufisme qu’il est la voix du cœur, alors ce conte je le partage avec vous et je le dédie plus particulièrement à un ami cher qui a entamé son voyage au-dessus du désert …

Un ruisseau suivant son cours depuis sa source, dans la montagne, fut soudainement arrêté lorsqu’il rencontra le désert. Ayant dépassé tous les autres obstacles, le ruisseau était convaincu qu’il ne serait pas difficile de traverser le sable ; mais il ne trouva aucune route.

Un vent arriva, et le sable susurra au ruisseau : « Le vent traverse le désert… »

Le ruisseau resta perplexe : « Le vent peut voler. Il peut évidemment traverser le désert. »

La voix continua : « Te jeter sur le sable t’assèchera. Tu disparaitras si tu ne laisses pas le vent t’emmener avec lui. »

« M’emmener avec lui? » pensa le ruisseau. « Comment le vent peut-il m’emmener? »

La voix du sable insista : « Le vent fait ça tout le temps. Il élève l’eau, la transporte au-dessus du désert, puis la laisse retomber de l’autre côté. »

« Comment est-ce possible? » demanda le ruisseau incrédule.

« C’est comme ça. Si tu ne fais pas, tu sera abandonné ici et tu disparaitras dans le sable. »

« Mais si je t’écoute, je ne sais pas ce qui peut m’arriver. Je n’ai aucune garantie que ce que tu me dis est vrai. »

« Absolument répondit la voix. « Dans tous les cas, tu ne seras plus le ruisseau que tu es aujourd’hui. Le problème vient du fait que tu n’es pas conscient de ta nature essentielle. Si tu la connaissais, tu sauterais joyeusement dans les bras du vent. »

En entendant cela, un vague souvenir revint en mémoire au ruisseau. Il eut l’étrange sensation d’avoir déjà été, auparavant porté dans les bras du vent. Soudain, impulsivement, il leva les bras.

Il se changea en vapeur et fut transporté sur des kilomètres à travers le désert. Atteignant finalement une chaîne de montagnes à l’extrême limite du désert, le ruisseau sa transforma en gouttes et tomba sur le sol.

A cause de ses doutes, le ruisseau réussit à se souvenir des détails de son voyage et, en rejoignant la mer se rendit compte qu’il avait trouvé sa nature essentielle. Il avait beaucoup appris.

Pendant ce temps, les grains de sable se montrèrent reconnaissants d’assister chaque jour à ce même évènement, et depuis, on dit que la manière dont le Fleuve de la Vie poursuit son voyage est écrite dans le sable.

À Alberto, with love

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