TOURISME SPIRITUEL

eat pray love

Le film « Mange, prie, aime » est sorti en septembre 2010 en France. Le film est tiré du livre auto-biographique « Eat, pray, love » d’Elizabeth Gilbert, un best-seller aux US dès sa parution en 2006 (le livre est disponible aussi en Français). Elizabeth, une Américaine trentenaire a tout ce que rêve d’avoir l’Américaine moyenne : un mari, une maison à la campagne, une carrière réussie. Pourtant, plutôt que d’éprouver bonheur et plénitude, elle est dévorée par ses angoisses et la confusion. Divorce, dépression, elle laisse tout derrière elle et entame une quête d’elle-même ; le plaisir en Italie, la dévotion en Inde où elle pratique le yoga et l’amour à Bali.

Gita Mehta explique sur le site du Daily Beast que ce livre (et maintenant le film) sont le renouveau, pour les occidentaux, d’une longue tradition du tourisme spirituel mal éclairé en Inde. L’Inde reste incontestablement la destination « spirituelle » la plus prisée malgré les pièges qui attendent les pèlerins naïfs. Mais les Indiens ne s’en plaignent pas, eux aussi poursuivent la quête du bonheur, mais plutôt matériel nous dit Gita Mehta. Tout a commencé dans les années 60 et 70 avec les Beatles, les Rolling Stones, les têtes couronnées d’Europe suivies par des milliers d’autres jeunes Américains.

Dans son livre Karma Cola  Marketing the mystic East, Gita Mehta écrit  » Jamais on était parti en quête du Vide avec autant d’optimisme et de panache. Tout le monde partait du principe que ce que l’Amérique voulait, l’Amérique l’obtenait. Alors pourquoi pas le Nirvana? »

Ce fut pour beaucoup la désillusion parce que le rêve Indien ne s’attache pas en réalité au bonheur, mais à l’endurance. Les Indiens croient aux réincarnations, et par conséquent le véritable espoir des Indiens  n’est pas la vie éternelle mais la fin des cycles de l’existence par la mort éternelle. En plus de ça, les occidentaux veulent une réponse à leur questionnement maintenant et ne sont pas prêts à accepter que les réponses à leurs questions existentielles sont l’aboutissement d’un cheminement difficile, voire dangereux (comme en témoigne Elizabeth dans son livre). Avec beaucoup d’ironie, Gita Mehta ajoute que dans la tradition Indienne, ça ne se fait pas d’offenser les autres, alors pour n’offenser personne, certains n’hésitent pas à se déguiser en sage et débiter des platitudes en guise de connaissance transcendantale dans l’espoir de soutirer de l’argent aux riches étrangers. Alors, de l’Inde, terre des maîtres et terre d’expérience, les chanceux rentrent éclairés, les autres avec beaucoup d’histoires à raconter.

C’est Julia Roberts qui incarne le personnage principal du film. Anecdote amusante, Julia Roberts pratique bien le yoga dans la vraie vie, mais ses motivations premières semblent moins métaphysiques que celles d’Elizabeth dans le film : elle a dit qu’elle avait commencé le yoga parce qu’elle enviait les fesses rebondies de ses copines qui en faisaient. Comme quoi, elle a fait son chemin (spirituel) depuis!

TOURISME SPIRITUEL

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s