STAGE IMMERSION ASHTANGA YOGA SAM 20 JUIN

stage20juin

IMMERSION ASHTANGA YOGA

Samedi 20 juin 2015 13h-15h30
50€ (inscription ni remboursable, ni transférable)
Ce stage s’adresse aux grands débutants ou aux personnes qui veulent réviser les bases pour approfondir leur pratique. Nous passerons en revue les outils essentiels de l’ashtanga yoga : la respiration ujjayi et les mécanismes de la respiration énergétique, les principes de décompte de respiration dans l’enchainement des asanas (postures de yoga) et l’utilisation du drishti (placement du regard) et des bandhas (contractions internes subtiles) dans les asanas. Pour en savoir plus et vous inscrire, rendez-vous sur la page STAGES.
STAGE IMMERSION ASHTANGA YOGA SAM 20 JUIN

ETRE OU NE PAS ETRE UNE CELEBRITE DU YOGA

Je suis professeure de yoga et je m’interroge sur la définition du ‘cours de yoga‘. Ca peut surprendre, pourtant les mots ont un sens. « Je vais au cours de yoga. » « Je fais ma pratique de yoga. » « Je fais mes exercices de yoga. » « Je fais mon entrainement de yoga. » « Je fais mon sadhana. » Le choix d’un mot sur un autre ne traduit-il pas des nuances dans ce qu’on attend du cours de yoga?

Il y a aujourd’hui profusion de cours de yoga à Paris et en discutant avec les gens avec qui je partage le yoga, je me rends compte que les cours peuvent avoir une teneur bien différente, au-delà des différentes approches de yoga proposées. Bien sûr les personnes qui ‘prennent les cours’  teintent leur expérience du cours de leurs propres attentes. On dit même que c’est l’élève de yoga qui fait le cours, chacun étant responsable de son expérience. Quant aux professeurs, avec leur propre bagage (personnalité, expérience d’enseignement et pratique personnelle), ils donnent aussi au ‘cours de yoga‘ sa saveur. Leur personnalité et ce qu’ils ont intégré du yoga vont nécessairement transparaitre.

En France, on assiste à l’émergence de ces ‘événements de yoga‘ inspirés de ce qui est déjà largement proposé en Amérique du Nord. On y parle de ‘cours de yoga‘, mais qu’en est-il?

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Décryptage.

L’événement de yoga comme argumentaire de vente.

Des marques (pas nécessairement en rapport avec le yoga) organisent des ‘cours de yoga‘ dans des lieux publics (parcs), lieux prestigieux (lieux d’exposition), boutiques, centres commerciaux, bars ou restaurants. Ces marques se constituent un fort capital sympathie en associant leurs noms à une discipline riche de valeurs. Dans l’inconscient collectif, le yoga s’apparente à l’harmonie, la bienveillance, la spiritualité, la santé, l’humanité. Ces marques en question nous font presque oublier le temps de leur ‘cours de yoga’, qu’elles veulent en fait induire un geste d’achat bien ciblé. C’est un peu l’aboutissement karmique de la réunion Tupperware. On est entre copines (il y a souvent plus de femmes que d’hommes), on papote, on admire les vêtements de la prof, on est éventuellement flatté par le sac bourré de produits dits ‘sains’ qu’on nous a offerts et on se sent privilégiés parce qu’il y a un bon de réduction dans le sac. Si on en revient à la terminologie, il serait préférable de parler ‘d’animation goût yoga‘ plutôt que de ‘cours de yoga‘.
L’avantage : pas besoin d’acheter Gala ou Voici, on a eu le temps de tout passer en revue avec les copines entre deux postures du chien la queue en l’air (enfin, on ne se rappelle plus trop le nom de la posture, mais c’était amusant).

L’événement de yoga où le prof invite ses potes troubadours et végétariens

Pour cette occasion, on ne parle pas de ‘cours de yoga‘, mais plutôt de ‘pratique en musique‘ ou ‘pratique en plein-air’. C’est bien plus engageant. C’est souvent accompagné d’une animation exotique en plus, genre apprendre à cuisiner crudivore ou un concert à l’harmonium. Là encore, on ne peut pas parler d’enseignement, il s’agit plus d’un moment de partage, dans certains cas, c’est un rassemblement autour d’un prof de yoga V.I.P. On pratique ensemble, avec le prof qui nous guide. On n’y apprendra rien en terme de yoga mais on y promeut la joie et le peace and love, la détox et on est tous potes, donc c’est rafraichissant pour les chakras. En souvenir, on nous vendra peut-être un CD de l’un des troubadours ou un DVD du prof de yoga V.I.P. Cet individu photo/télé-génique a su trouver un endroit paradisiaque pour tourner quelques exercices de yoga en vidéo pour que vous repartiez dans votre vraie vie avec un peu de rêve.
L’avantage : on fait son transfert sur le ou la prof V.I.P. Comme lui, ou comme elle, on se sent beau et aimé. La vie est belle.

L’événement de yoga où le prof fait des séances de dédicace a ses fans

Certains de ces ‘événements yoga‘ sont orchestrés comme de véritables tournées de rock stars. Rachel Brathen, professeur de yoga vient de finir son ‘Happiness Tour’ (Tournée du Bonheur) pour promouvoir son livre Yoga Girl. Sur son compte Instagram , elle fait le bilan : « Après 2 mois, 12 états [sa tournée promo s’est déroulée aux Etats-Unis], 25 villes, 15 cours de yoga, 10 séances de dédicace (…) La Tournée du Bonheur s’achève maintenant. J’ai rencontré, embrassé, ri, pleuré et bougé avec plus de 6000 d’entre vous. » Rachel a un super capital sympathie. Sur son site internet , elle met en avant son style de vie yoguique, elle y donne quelques conseils de yoga (routines d’asanas et de méditation) mais aussi des leçons de cuisine qu’elle aborde en nous disant qu’elle vient de troquer son bikini pour un t-shirt, un vêtement plus adapté pour faire la cuisine. Maïté fait pareil je suis sûre. Mais Rachel, elle, rameute 6000 personnes en 2 mois sur leurs tapis de yoga. Juste pour dire.
L’avantage : on envie obligatoirement le style de vie de la chouette Rachel, comme on envie la vie rêvée de la douce Gwyneth sur son blog Goop.com. Comme Rachel, on veut vivre cheveux au vent, en bikini, face à la mer, les chakras alignés, everyday. Rachel nous inspire. On veut lire son livre.

L’événement de yoga façon Parc des Expos avec pré-enregistrement en ligne et pass exposant.

Extension à grande échelle des événements évoqués précédemment, le festival de yoga se passe dans un lieu spacieux. Il y a de la bonne vibration sur plusieurs centaines de mètres carré et plein de profs de yoga V.I.P. Il y a des stands qui vendent des accessoires pour le yoga, des stands qui font la promotion de formations de profs de yoga ou encore des stands qui vendent des produits de consommation dits ‘sains’. Il y a aussi des cours de démonstration qui nous permettent de nous faire une idée sur un style de pratique ou de pouvoir pratiquer pendant quelques minutes sous la direction d’un prof de yoga V.I.P. Il y a sans doute des concerts programmés. Enfin il y a des conférences où il est là bien question d’élargir son savoir sur le yoga ou sur des domaines connexes. Ce genre de festival regroupant beaucoup d’acteurs du yoga, est souvent ‘the-place-to-be’ (le lieu incontournable), ça a un petit côté mondain par certains aspects. On y exhibe volontiers sa spiritualité avancée.
L’avantage : on assiste à de bonnes conférences sur des sujets variés. Et aussi on n’a pas à s’embêter a aller chercher les colis en instance a la poste après nos commandes sur Internet. On a tout sous la main pour s’équiper yoga.

Ne vous méprenez pas, je n’ai rien contre la multiplication des ‘événements de yoga’. Quand ils ne prennent pas une tournure dogmatique, j’aime leur côté fédérateur. J’ai demandé sur facebook,  twitter et instagram ce que les gens pensaient des rassemblements de masse en yoga*. Pour tous, il n’y a pas de confusion de genres : ces rassemblements ne sont pas des cours de yoga, peut-être à la limite un échantillon de ce à quoi peut s’attendre un néophyte dans un cours de yoga. Beaucoup s’accordent à dire qu’on n’y apprend rien, voire même qu’on peut s’y blesser parce qu’on n’est pas encadré. Certains voient une contradiction entre le développement personnel et donc intime d’une pratique de yoga dans un contexte de masse exhibitionniste. Pourtant, même pour les sceptiques, il y a l’idée d’une énergie qui rassemble. La motivation pour participer à ce genre d’événements semble tenir plus à l’émotion, la sensation forte que procurent le fait de bouger ensemble ou de chanter le Om ensemble. Ressentir l’énergie du collectif, « façon ambiance de concert » comme me l’a exprimé Mathilde.

Ce que je trouve dommageable dans ces contextes de yoga événementiel, c’est de justement réduire l’expérience du yoga à celle d’un événement. La ‘starisation’ du prof et ‘l’animation yoga’ finit par sérieusement édulcorer voire dénaturer l’expérience qu’on fait du yoga. Le prof de yoga devient dans ce contexte un G.O. (Gentil Organisateur) de club de vacances et l’animation yoga une plateforme d’exhibition. Oui, me direz-vous, mais ça constitue grandement à démocratiser le yoga. Je vous l’accorde. Ça le rend abordable, beaucoup d’animations sont gratuites, et ça le rend enthousiasmant. Je me pose quand même la question du rôle d’un prof de yoga dans tout ça.

Aux Etats-Unis, comme les artistes ont des agents, le prof de yoga ambitieux peut trouver un agent et propulser sa carrière. L’agence Yama Talent se propose de faire cela. L’agence s’occupe de construire votre image de marque, de votre promotion, d’organiser vos tournées, que ce soit pour donner des stages ou des cours lors de festivals de yoga ou encore dans le cadre de sponsoring ou pour être mannequin pour une marque. Indispensable, le merchandising n’est pas oublié : l’agence peut aussi prévoir la production d’un DVD ou l’édition d’un livre. La salle de cours, on n’en parle pas, c’est devenu anecdotique il semblerait.

Je continue de m’interroger. Est-ce que pour vivre de l’enseignement du yoga on doit passer par la case célébrité? Si on souhaite vivre du yoga, faut-il quitter la salle de cours et aller chercher « son public »? Quid de la relation prof et élèves? On transmet quoi dans ce contexte? Je n’ai pas de réponse, je suis moi-même prof de yoga et n’ai pas trouvé la recette miracle pour vivre confortablement de l’enseignement. Il faut créer sa vie, j’y crois et j’y travaille. Quand j’ai des réponses, je vous en parle. Ou alors, vous parlerez à mon agent :-)

*Merci à Luc, Laura, Flo, Réseau Egregore, Hélène, Nathalie, Guillaume, Sophie, Tifenn, Carine, Emmanuelle, Angiusk, Jessica, Nekomala, Mathilde et Marie-Laure pour avoir partagé leurs points de vue sur les réseaux sociaux.

ETRE OU NE PAS ETRE UNE CELEBRITE DU YOGA

LE WEEK-END YOGA DOWNTOWN L.R. ETAIT TOP!

Le retour à la case Paris est dur. La Rochelle a conquis les participants de notre week-end. Ce fut un grand plaisir pour moi d’animer ces 10h de pratique et de découvrir cette jolie ville en si bonne compagnie. Un grand merci à Geraldine. La Rochelle, à bientôt!

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LE WEEK-END YOGA DOWNTOWN L.R. ETAIT TOP!

SI GANDHI FAISAIT DU YOGA AUJOURD’HUI

Le yoga traditionnel indien par opposition au yoga branché à l’occidentale, un thème traité de manière humoristique dans cette vidéo. Elle est en anglais, j’ai retranscrit les dialogues. Enjoy!

Le professeur : « Bonjour tout le monde. Nous allons commencer. Trouvez-vous une place qui vous convienne. »
Gandhi : « Bonjour. Pardon, excusez-moi. »
Le professeur : « Quelqu’un s’est acheté de nouveaux vêtements. C’est la première fois qu’on se voit il me semble. D’habitude les débutants se mettent à l’avant pour mieux me voir. »
Gandhi : « Oh, non, je connais bien le yoga. Ca ira pour moi. »
Le professeur : « D’accord. Si jamais vous avez besoin d’une brique ou d’une sangle, dites-le moi. »
Gandhi : « Ok. »
Le professeur : « Tout le monde se débrouille à merveille. Gandhi, ça ne vous ennuie pas de regarder au plafond dans le chien la tête en haut?»
Gandhi : « Vous voulez dire dans urdva muka svanasana? »
Le professeur : « Non, le chien la tête en haut. Ne vous inquiétez pas, vous vous familiariserez avec la terminologie. »
Le professeur : « Gandhi, il faut accélérer le mouvement sans quoi tu ne brules pas de calories. »
La femme rousse : « Arrête de mater mes fesses. »
Gandhi : « Pas du tout, j’ai fait vœu de chasteté. »
La femme rousse : « C’est ça, espèce de taré. »
Le professeur : « Tu te débrouilles bien, mais la prochaine fois essaye de porter des vêtements de yoga adaptés, comme un haut en lycra. »
Gandhi : « Ceci est un dhoti traditionnel Indien. »
Le professeur : « Ok, mais il y a une boutique Lululemon un peu plus bas dans la rue. »
Gandhi : « C’est Coldplay? Oui, c’est sûr. C’est Coldplay. »
La femme : « Je fais un jeûne , une détox au jus. »
Gandhi : « Tu jeûnes, dans quel but? Pour protester contre l’impérialisme? »
La femme : « C’est la saison des bikinis. »
Gandhi : « La saison des bikinis … »
Gandhi récite des mantras.
La professeur : « Moins fort. C’est un lieu de recueillement ici. »
Gandhi : « Je pense plutôt que c’est une salle de sport. il y a même un type qui distribue des boissons énergisantes. »
Gandhi : « Vous plaisantez. c’est une bougie à la cannelle. »
Le professeur : « Avec tout le respect que je vous dois Mahatma, je suis un professeur de yoga diplômée. »
Gandhi : « Oh, et qui est votre maitre? Carl Smith ?!… »
L’homme : « Je veux vraiment essayer un cours de yogalates. »
La femme : « Oh mon Dieu, c’est tellement spirituel. »
Gandhi : «  Est-ce que vous réalisez que c’est véritablement ma religion, hein? »
Gandhi : « Je donne 10 dollars a celui qui peut me dire de qui il s’agit. Alors? Personne? C’est bien ce que je pensais. Ah, ah, ah… C’est Krishna, la 8e incarnation de Vishnu. Renseignez-vous bon sang! »
Gandhi : « Pourquoi fait-il si chaud là-dedans? »
La femme : « Nous faisons du yoga Bikram. »
Gandhi : « Et bien sachez que de mon temps nous faisions un yoga traditionnel où la salle était normale et on ne suait pas comme des boeufs. »
L’homme : « Tu as l’air stressé. Prends une grande inspiration et laisse couler tes chakras vers le centre de ton coeur. »
Gandhi : « C’est quoi cette connerie? Pas grave. Je pars. Je vous emmerde, tous. »
Le groupe : « Namaste. »
Gandhi : « Vous ne savez même pas ce que ça veut dire! »

SI GANDHI FAISAIT DU YOGA AUJOURD’HUI